Le personnel de la marque du LVMH rêve d'une personnalité au profil horloger et industriel avéré.
L'Agefi - 27 avril 2009
Bastien Buss
Le départ de Thierry Nataf de son poste de directeur et président de la manufacture Zenith a largement alimenté les blogs horlogers ce weekend. Les raisons de cette démissionéviction ont fait l'objet de nombreuses spéculations, dont il est inutile de dresser ici la litanie. A ce stade, quelques certitudes toutefois. Il sera remplacé de manière intérimaire par Valérie Lachaux (lire ci-dessous), qui avait récemment quitté la direction des montres Dior pour le poste de DRH du pôle horloger de LVMH, propriétaire de la marque locloise. La recherche d'un nouveau directeur a été lancée. Cette fois-ci, la marque, du moins selon le voeu de nombreux employés, veut trouver une personne provenant du sérail horloger, et non pas de l'univers du champagne.
Hors sérail LVMH?
«Il faudrait enfin quelqu'un doté d'une très sérieuse culture horlogère, industrielle, qui connaisse parfaitement ce métier particulier et qui sache s'adapter à cette région singulière qu'est Le Locle. Il doit surtout se monter plus discret, moins show-off», déclare une source interne. En d'autres termes, le profil inverse du précédent patron. «Ce sera donc certainement quelqu'un hors du périmètre LVMH.» Un sous-entendu lourd de sens. Autre évidence, la marque Zenith souffre de la récession, à l'instar du pôle horloger du numéro un mondial du luxe, tout comme d'ailleurs l'ensemble du secteur en Suisse. Selon nos informations, non confirmée par la maison mère LVMH, Tag Heuer, autre horloger du groupe, est fortement impacté alors qu'Hublot, racheté en 2008, parvient à limiter la casse.
Ancien vice-président de Veuve Clicquot Ponsardin, également propriété du groupe de luxe du Français Bernard Arnault, Thierry Nataf est arrivé à la tête de Zenith en 2001. La société réalise un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions de francs et emploie quelque 240 collaborateurs.
Jean-Claude Biver, CEO de la marque Hublot, également en mains du groupe LVMH, a souvent été cité comme successeur potentiel à Thierry Nataf chez Zenith. Il dément totalement ces rumeurs véhiculées depuis plusieurs semaines, qu'il qualifie «d'infondées et fantaisistes».
Interrogé par «L'Agefi», il se veut formel: «Je ne veux pas prendre de responsabilité opérationnelle chez Zenith quelle qu'elle soit. Ni aujourd'hui, ni demain.» Et un temps partiel, par exemple pour quelques jours par mois? Sa réponse fuse: «Je ne ferai pas non plus de piges de un, deux ou même trois jours par mois dans la maison locloise. Non, non et non.» Il estime avoir encore suffisamment de chantiers à mener à bien avec la marque qu'il dirige. Interrogé sur les difficultés de Zenith, l'infatigable CEO botte en touche. «Je n'ai jamais vu un compte, ou un budget de cette maison.»
Pour Jean-Claude Biver, il n'y a pas lieu de sombrer dans le catastrophisme. Selon lui, les chiffres du pôle horloger de LVMH au premier trimestre (-27%) «sont en ligne avec le recul des exportations horlogères ». Peut-être, mais en enlevant Hublot du périmètre de consolidation, l'érosion des ventes du groupe atteint les -41%. On est donc loin des -23,5% annoncés dans les statistiques de la Fédération horlogère.
Bastien Buss
Le départ de Thierry Nataf de son poste de directeur et président de la manufacture Zenith a largement alimenté les blogs horlogers ce weekend. Les raisons de cette démissionéviction ont fait l'objet de nombreuses spéculations, dont il est inutile de dresser ici la litanie. A ce stade, quelques certitudes toutefois. Il sera remplacé de manière intérimaire par Valérie Lachaux (lire ci-dessous), qui avait récemment quitté la direction des montres Dior pour le poste de DRH du pôle horloger de LVMH, propriétaire de la marque locloise. La recherche d'un nouveau directeur a été lancée. Cette fois-ci, la marque, du moins selon le voeu de nombreux employés, veut trouver une personne provenant du sérail horloger, et non pas de l'univers du champagne.Hors sérail LVMH?
«Il faudrait enfin quelqu'un doté d'une très sérieuse culture horlogère, industrielle, qui connaisse parfaitement ce métier particulier et qui sache s'adapter à cette région singulière qu'est Le Locle. Il doit surtout se monter plus discret, moins show-off», déclare une source interne. En d'autres termes, le profil inverse du précédent patron. «Ce sera donc certainement quelqu'un hors du périmètre LVMH.» Un sous-entendu lourd de sens. Autre évidence, la marque Zenith souffre de la récession, à l'instar du pôle horloger du numéro un mondial du luxe, tout comme d'ailleurs l'ensemble du secteur en Suisse. Selon nos informations, non confirmée par la maison mère LVMH, Tag Heuer, autre horloger du groupe, est fortement impacté alors qu'Hublot, racheté en 2008, parvient à limiter la casse.
Ancien vice-président de Veuve Clicquot Ponsardin, également propriété du groupe de luxe du Français Bernard Arnault, Thierry Nataf est arrivé à la tête de Zenith en 2001. La société réalise un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions de francs et emploie quelque 240 collaborateurs.
Jean-Claude Biver n'est pas intéressé
Jean-Claude Biver, CEO de la marque Hublot, également en mains du groupe LVMH, a souvent été cité comme successeur potentiel à Thierry Nataf chez Zenith. Il dément totalement ces rumeurs véhiculées depuis plusieurs semaines, qu'il qualifie «d'infondées et fantaisistes».
Interrogé par «L'Agefi», il se veut formel: «Je ne veux pas prendre de responsabilité opérationnelle chez Zenith quelle qu'elle soit. Ni aujourd'hui, ni demain.» Et un temps partiel, par exemple pour quelques jours par mois? Sa réponse fuse: «Je ne ferai pas non plus de piges de un, deux ou même trois jours par mois dans la maison locloise. Non, non et non.» Il estime avoir encore suffisamment de chantiers à mener à bien avec la marque qu'il dirige. Interrogé sur les difficultés de Zenith, l'infatigable CEO botte en touche. «Je n'ai jamais vu un compte, ou un budget de cette maison.»
Pour Jean-Claude Biver, il n'y a pas lieu de sombrer dans le catastrophisme. Selon lui, les chiffres du pôle horloger de LVMH au premier trimestre (-27%) «sont en ligne avec le recul des exportations horlogères ». Peut-être, mais en enlevant Hublot du périmètre de consolidation, l'érosion des ventes du groupe atteint les -41%. On est donc loin des -23,5% annoncés dans les statistiques de la Fédération horlogère.

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