S'il y a un truc qui est immanquable avec les Américains, c'est leur capacité quasi enfantine à s'ébaudir sur la technologie...
Montres par Bilan - 25 mars 2009
Fabrice Delaye

La scène se passe il y a quelques années dans une petite échoppe de pêche sur la côte est des Etats-Unis, au nord de Boston. «Vous êtes Suisse? Prouvez-le!», demande un pêcheur goguenard après quelques questions à propos d'une ignorance crasse en matière d'appâts. Pris d'une inspiration, on relève sa manche pour montrer une T-Touch de Tissot récemment acquise. S'il y a un truc qui est immanquable avec les Américains, c'est leur capacité quasi enfantine à s'ébaudir sur la technologie. Réglé peu avant, l'altimètre donne un relevé correct, il faut quelques explications pour traduire les Celsius du thermomètre en Fahrenheit, mais le clou est enfoncé face à une poignée de marins en faisant fonctionner le compas. Tous en veulent une, au moins jusqu'à la fatidique question: comment cela fonctionne-t-il?
Au magasin, à Lausanne, la vendeuse avait surtout insisté sur la nécessité de revenir dans quelques mois pour rerégler l'altimètre et dans deux ans pour la pile. Elle en a finalement tenu cinq. Mais dans l'intervalle, le mystère de la «Touch» est resté entier. Dix ans après le lancement de la montre, il s'éclaire en partie à l'occasion d'un essai des nouvelles Sea-Touch et T-Touch Expert prêtées quelques jours par la marque.
La fonction tactile, toujours unique, des T-Touch repose sur une trame invisible sur la surface interne du verre saphir. Elle réagit à l'effet de résistance électrique généré par le contact du doigt pour ouvrir chaque fonction. Avec les nouveaux modèles, cette caractéristique tactile, inventée dans le laboratoire du groupe Swatch Asulab, se connecte à une plate-forme qui peut porter différentes applications en fonction du choix des capteurs et de la programmation du logiciel contenu dans une mémoire flash. Ainsi, la T-Touch Expert reprend en les améliorant les fonctions de l'ancien modèle avec, par exemple, un dénivelénomètre. Mais la Sea- Touch est, elle, conçue comme un véritable accessoire de plongée. Sous 1,40 mètre d'eau, elle se transforme automatiquement en profondimètre enregistrant le temps de plongée dans un carnet virtuel.
Tissot songe à une montre pour régates. Demain avec GPS?
Après quelques essais peu fructueux d'applications de sa technologie à une montre pour aveugle (Silent) et une autre pour grands voyageurs (Navigator), Tissot semble avoir trouvé le moyen de décliner le mariage entre les traditions horlogères et les instruments de mesure à d'autres domaines. Fort d'une plate-forme qui est un peu son Intel Inside, l'horloger réfléchit à une montre adaptée aux régates et pourquoi pas, demain, contenant un GPS ou des fonctions de contrôle d'accès. Longtemps gêné par la nécessité d'éduquer ses revendeurs et ses clients à ses instruments, Tissot bénéficie de l'introduction d'autres plates-formes multifonctionnelles et tactiles comme l'iPhone. Son directeur, François Thiébaud, affirme en tout cas que les commandes ont démarré très fort pour la nouvelle Expert depuis l'automne en dépit du contexte économique. Assurément, les marins-pêcheurs américains n'ont, cette fois, pas résisté.
Fabrice Delaye

La scène se passe il y a quelques années dans une petite échoppe de pêche sur la côte est des Etats-Unis, au nord de Boston. «Vous êtes Suisse? Prouvez-le!», demande un pêcheur goguenard après quelques questions à propos d'une ignorance crasse en matière d'appâts. Pris d'une inspiration, on relève sa manche pour montrer une T-Touch de Tissot récemment acquise. S'il y a un truc qui est immanquable avec les Américains, c'est leur capacité quasi enfantine à s'ébaudir sur la technologie. Réglé peu avant, l'altimètre donne un relevé correct, il faut quelques explications pour traduire les Celsius du thermomètre en Fahrenheit, mais le clou est enfoncé face à une poignée de marins en faisant fonctionner le compas. Tous en veulent une, au moins jusqu'à la fatidique question: comment cela fonctionne-t-il?
Au magasin, à Lausanne, la vendeuse avait surtout insisté sur la nécessité de revenir dans quelques mois pour rerégler l'altimètre et dans deux ans pour la pile. Elle en a finalement tenu cinq. Mais dans l'intervalle, le mystère de la «Touch» est resté entier. Dix ans après le lancement de la montre, il s'éclaire en partie à l'occasion d'un essai des nouvelles Sea-Touch et T-Touch Expert prêtées quelques jours par la marque.
La fonction tactile, toujours unique, des T-Touch repose sur une trame invisible sur la surface interne du verre saphir. Elle réagit à l'effet de résistance électrique généré par le contact du doigt pour ouvrir chaque fonction. Avec les nouveaux modèles, cette caractéristique tactile, inventée dans le laboratoire du groupe Swatch Asulab, se connecte à une plate-forme qui peut porter différentes applications en fonction du choix des capteurs et de la programmation du logiciel contenu dans une mémoire flash. Ainsi, la T-Touch Expert reprend en les améliorant les fonctions de l'ancien modèle avec, par exemple, un dénivelénomètre. Mais la Sea- Touch est, elle, conçue comme un véritable accessoire de plongée. Sous 1,40 mètre d'eau, elle se transforme automatiquement en profondimètre enregistrant le temps de plongée dans un carnet virtuel.
Tissot songe à une montre pour régates. Demain avec GPS?
Après quelques essais peu fructueux d'applications de sa technologie à une montre pour aveugle (Silent) et une autre pour grands voyageurs (Navigator), Tissot semble avoir trouvé le moyen de décliner le mariage entre les traditions horlogères et les instruments de mesure à d'autres domaines. Fort d'une plate-forme qui est un peu son Intel Inside, l'horloger réfléchit à une montre adaptée aux régates et pourquoi pas, demain, contenant un GPS ou des fonctions de contrôle d'accès. Longtemps gêné par la nécessité d'éduquer ses revendeurs et ses clients à ses instruments, Tissot bénéficie de l'introduction d'autres plates-formes multifonctionnelles et tactiles comme l'iPhone. Son directeur, François Thiébaud, affirme en tout cas que les commandes ont démarré très fort pour la nouvelle Expert depuis l'automne en dépit du contexte économique. Assurément, les marins-pêcheurs américains n'ont, cette fois, pas résisté.

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