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Vers une année record

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Oubliée la crise économique pour le leader mondial de la branche, qui en ressort plus triomphal que jamais. Le groupe a franchi pour la première fois la barre des 3 milliards de francs de chiffre d'affaires semestriel.


Tribune de Genève - 5 août 2010

Élisabeth Nicoud



Alors que Baselworld, la grand-messe de l'horlogerie, fermait ses portes en mars dernier, Nicolas Hayek confiait à la Tribune de Genève que son groupe s'acheminait allégrement vers une année record, en franchissant certainement la barre des 6 milliards de francs de chiffre d'affaires en 2010. Comme souvent, les prédictions du patriarche, décédé à la fin de juin à l'âge de 82 ans, s'avèrent exactes.

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Ainsi, Swatch livrait hier des chiffres à mi-parcours insolents de santé: le bénéfice a explosé de 54,5%, à 465 millions de francs, tandis que les ventes ont grimpé de 22,5%, à 3,031 milliards de francs – dépassant pour la première fois le cap des 3 milliards au 30 juin. Mieux: le segment des montres et des bijoux, le cœur du métier du groupe établi à Bienne, a vu son chiffre d'affaires bondir de 30,6% au premier semestre, à 2,57 milliards de francs.

Cette performance des 19 marques horlogères de Swatch surpasse non seulement celle de son concurrent LVMH (+24%), mais aussi de la branche en Suisse, qui fait état d'une hausse de 19,7%, en valeur, de ses exportations durant la même période. Ni la crise de l'endettement dans les pays européens ni la cherté du franc ne semblent donc avoir eu de prise sur le numéro un mondial de l'horlogerie, qui note que cette croissance accélérée concerne tous les pays du Vieux-Continent – mis à part la Grèce – et toutes les catégories de prix.


La Chine, le moteur

Et parmi les marchés phare, la Chine se profile plus que jamais comme un pilier majeur pour Swatch qui y écoule désormais entre 25% à 30% de ses montres. Selon Nick Hayek, le CEO, rien ne devrait barrer la route menant à un exercice annuel record. Il admet toutefois s'inquiéter quelque peu des cours de change et du prix de l'or (le groupe en use 10 tonnes par an) ainsi que, au sein du fabricant horloger, des problèmes de capacités de production, «qui se posent d'ores et déjà dans certains secteurs».

D'autant plus que, sauf événement majeur, la cadence devrait s'intensifier au fil de l'année; les livraisons horlogères étant habituellement supérieures au deuxième semestre, en particulier durant les Fêtes de Noël. De bon augure, toutefois, pour Nayla Hayek, 59 ans, qui reprenait la présidence du groupe deux jours après la mort de son père. Sa nomination a surpris le grand public, plus habitué à voir apparaître son petit frère, Nick Hayek.


Reprise plus fragile dans les composants

A l'interne, toutefois, la succession semble avoir été mûrement réfléchie. «Les médias sont terribles: ils ignorent totalement les femmes. J'ai une fille, Nayla Hayek, qui fait un travail formidable dans le Swatch Group, notamment avec la marque Tiffany, au Moyen-Orient, en Inde, et les journalistes n'en parlent pas! Elle est aussi vice-présidente du groupe, ce qui me paraît être un indicateur significatif…» relevait encore dans nos colonnes Nicolas Hayek lors de la dernière Foire de Bâle. Cette passionnée de pur-sang arabes n'a pas caché qu'elle allait poursuivre la stratégie du fondateur de Swatch.

Enfin, si le géant de l'horlogerie étincelle, la reprise reste encore fragile au sein des quelque 400 acteurs de la branche en Suisse. Notamment parmi les fabricants de mouvements et de composants, dont les commandes évoluent en décalage avec celles des montres. En témoignent aussi les ventes dans ce domaine de Swatch, en recul de 5,1%, à 761 millions de francs.

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