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Mon mec est amoureux de sa montre

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Entre lui et elle, c'est à la vie à la mort. Une histoire d'amour. Une vraie. Exclusive et dévorante. Une rivale copie conforme de Kate Moss? Pire, une montre! Celle de mon mec.
GMT Lady - Eté 2009
Léa TrembleyRivalité_326050_0

Une histoire d'amour n'a rien d'un long fleuve tranquille. Ça on le sait depuis longtemps. On est prête à assumer les ex – et même à les trouver sympa, histoire de la jouer cool et décomplexée –, et la sylphide blonde qu'il regarde comme Tex Avery en jurant: mais non! cette fille, je ne l'ai même pas vue! Bref, dans la phrase pour le meilleur et pour le pire, on avait bien intégré le pire. Enfin, c'est ce que l'on croyait. Parce que la concurrence d'une montre dans le coeur de l'homme de sa vie, on ne l'avait pas vu venir!

Que faire? Laisser tomber par mégarde la montre dans la baignoire pleine à ras bord? Ou la balancer discrètement par le balcon? «Ta montre, mon chéri? Ah non, je ne l'ai pas vue.»

C'est tentant, certes, mais mieux vaut s'abstenir. D'abord, parce que les garde-temps sont devenus tellement résistants qu'ils s'en sortiraient sans le moindre dommage; ensuite, parce que s'attaquer à la montre d'un homme, c'est s'attaquer à son identité. Autant dire qu'il ne va pas tellement apprécier! Exit aussi l'annonce théâtrale et digne: «C'est elle ou moi!» Ben, c'est simple…

Ce sera elle. «Sa montre, c'est sa meilleure amie, dit Ophélie, 32 ans. Mon ami est supersportif, il fait de la voile, de la plongée, des randonnées en montagne… Une fois, je l'ai entendu raconter ses plongées à des copains où il n'arrêtait pas de faire référence à sa montre et à sa fiabilité.» Si c'est un cadeau qu'on lui a fait, on supporte. C'est même attendrissant. Mais si la montre vient de l'une de ses ex, on frôle l'incident diplomatique. Et s'il se l'est achetée tout seul comme un grand, alors qu'il rechigne à nous offrir le it bag dont on rêve depuis des mois, la rupture n'est plus très loin. «C'est bien connu, un homme déteste le shopping et ne trouve jamais le magasin dont on lui parle. Sauf quand il s'agit d'un horloger, ironise Isabelle, 40 ans. Il vient pour m'aider à choisir des vêtements qu'il trouve toujours trop chers et, inévitablement, on finit par aller voir des montres pour lui. Parfois il en achète même une! A chaque fois, je me sens frustrée.»

 

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Que l'homme soit un acheteur de montres égoïste, on peut l'admettre. Qu'il ait même parfois un petit côté compulsif, passe encore. D'ailleurs, que celle qui n'a jamais craqué sur des Louboutin cinq minutes à peine après avoir faire chauffer à blanc sa carte de crédit chez Sergio Rossi, lui jette la première sandale! Mais que l'homme nous parle pendant des heures de la masse oscillante, du quantième annuel et de toutes les petites dents de chaque rouage, alors que d'habitude il grogne quand on essaie de lui extirper plus de cinq mots de suite – «on mange quoi ce soir» étant les seuls qu'il arrive à prononcer -, et on se sent tout de suite envahie par une envie de meurtre. Notre conversation l'ennuie, mais il coiffe au poteau Hugo Chavez avec ses discours- fleuve dès qu'il s'agit d'horlogerie! Exaspérant. Certes, mais logique. En effet, par définition, l'homme ne parle que pour communiquer des faits, expliquer ou développer un sujet qui l'intéresse. Solution? C'est simple: quand on ne peut pas vaincre, mieux vaut pactiser avec l'ennemi. Comment? En lui achetant livres et magazines traitant d'horlogerie, en se documentant soi-même sur le sujet – pour éviter son interminable monologue d'initié? – et puis, on lui offre une montre. Celle de ses rêves. Comme ça, on est au moins sûre d'occuper ses pensées!

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