Pour la seconde année consécutive, Julius Baer soutient financièrement le Prix Gaïa et offre une bourse à un jeune horloger prometteur.
11 mai 2009
Louis Nardin
C'est dans les locaux cossus de la banque Julius Baer en plein centre-ville de Genève, que Rémy Bersier, l'un des membres exécutifs de l'établissement, a confirmé l'engagement de son établissement auprès du Musée international d'horlogerie de la Chaux-de-Fonds – MIH. Comme ce fut le cas l'année dernière, l'institution genevoise soutiendra le prix Gaïa récompensant l'une des personnalités ayant durablement marqué l'histoire horlogère à l'instar de Nicolas G. Hayek, lauréat 2008. En parallèle, elle offrira également et sur concours une bourse de 20'000 francs suisses à un jeune horloger prometteur – lire l'article de la Tribune de Genève.
Lové dans ses Montagnes neuchâteloises, le MIH possède l'une des collections de montres et de pendules les plus riches au monde. Dirigé par Ludwig Oechslin, une éminence dans la science des montres et la mesure du temps, il est le théâtre chaque année de la remise du prix Gaïa. Créée en 1993, la distinction est décernée à des personnalités qui ont participé à développer et à renforcer la connaissance de l'horlogerie. Artisanat-création, histoire-recherche ou esprit d'entreprise, telles sont les trois catégories dans lesquelles on peut espérer être nominé. Déjà unique par sa formule, le prix Gaïa est de plus géré par une institution d'où une garantie d'indépendance du jury que le conservateur analyse comme absolument neutre.

Mais, et cela malgré tous ces points positifs conférant au prix Gaïa une aura unique en horlogerie, celui-ci a semble-t-il toujours souffert d'un manque de visibilité. «Ce prix n'a eu aucune influence sur ma vie et ma carrière professionnelle, soulignera Philippe Dufour, horloger indépendant et lauréat en 1998. Mes clients venant principalement d'Asie, aucun n'en avait entendu parler.» Autre récompensé, Vincent Calabrese était arrivé aux mêmes conclusions: le prix Gaïa souffre qu'on ne parle pas de lui.
Pour rompre ce silence, le MIH s'est choisi un partenaire de choix à travers la Fondation de la haute horlogerie, le bureau chargé d'organiser, entre autres, le Salon international de la haute horlogerie. Sa responsable de la communication, Anne Biéler aura donc la tâche de faire connaître l'événement à l'échelle internationale, cela en plus d'une place qu'elle occupera dans le jury. «La fondation et le prix Gaïa assument la même mission qui est de célébrer un savoir-faire et une culture. En nous impliquant, nous souhaitons offrir une tribune correspondant enfin au statut de ce prix.» Bonus supplémentaire, le musée pourra également compter sur la banque pour se faire connaître. D'ailleurs, Ludwig Oechslin s'est déjà prêté au jeu du shooting et de l'interview pour apparaître dans une publicité de Julius Baer.
Après des années d'existence dans la pénombre, le prix Gaïa devrait donc enfin jouir d'une visibilité en adéquation avec les talents qu'il récompense. Figure de consécration, il doit faire envie aux jeunes générations d'horlogers. «Le prix Gaïa représente un accomplissement qui doit servir de moteur aux horlogers fraîchement diplômés, dit Ludwig Oechslin. Et pour les guider vers cet objectif, la banque Julius Baer et le musée ont créé la bourse d'études. Son rôle est d'être une préparation au prix en les poussant à se plonger dans la recherche de la mesure du temps.»
Lauréat 2008, Julian Vallat a restauré deux horloges anciennes du musée avec à la clé un résultat qui a médusé le conservateur. Encourager les jeunes pousses comme les artisans chevronnés a tout donc tout son sens. Qui plus est lorsque la passion née lors des études trouve difficilement un terrain pour s'épanouir au moment de rentrer dans la vie professionnelle.