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Un chronographe manufactur
Une vraie marque doit proposer ses propres mouvements. Montblanc a placé la barre au meilleur niveau en se lançant dans la création d'un «chronographe manufacture» entièrement conçu, développé et réalisé dans ses propres ateliers. Une démarche inhabituelle pour une marque qui n'a guère que dix ans, mais un pas en avant logique dans la stratégie de «consistance » horlogère choisie par Montblanc. Le calibre Montblanc MB R100 (MB pour Montblanc, R pour Rieussec) est un mouvement haut de gamme à remontage manuel, doté d'une roue à colonnes et d'un monopoussoir original à 8 h. L'heure du jour est indiquée dans un cadran décentré, avec une échelle sur trente et un jours pour la date. Les compteurs du chronographe sont situés à 8 h (secondes) et à 5 h (minutes), mais le décompte se fait par des disques en rotation sous une aiguille fixe. Ces deux compteurs sont reliés par un pont qui donne au cadran sa personnalité. Le boîtier, de bonne taille (43 mm), est muni d'un verre saphir qui permet d'admirer le mouvement au verso ou de vérifier la réserve de marche (septante-deux heures) visible au dos de la montre.
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Nicolas Rieussec
Chronographe (écrire le temps) ou chronoscope (voir le temps)? Pour l'inventeur français Nicolas Rieussec, c'était bien d'un chronographe qu'il s'agissait, puisqu'il avait conçu, dès 1821, un système de décompte des temps courts équipé de deux cadrans rotatifs: on y «écrivait » le temps grâce à une goutte d'encre déposée sur le cadran quand on actionnait le poussoir d'arrêt. Par la suite, on cessera d'«écrire» le temps en gouttes d'encre, pour le mesurer grâce à des aiguilles; mais le mot chronographe s'est imposé. Montblanc a eu la bonne idée de rendre hommage à Rieussec en donnant ce nom au premier chronographe intégralement réalisé dans ses propres ateliers. Montre de connaisseurs et d'initiés, le «Montblanc Star Chronographe Monopoussoir Nicolas Rieussec» ne sera donc réalisée qu'en édition limitée (25 montres en platine, 75 en or blanc, 75 en or jaune, 125 en or rouge). Une version en acier sera rapidement disponible et une version automatique est annoncée.
La haute couture et la couture
«Montblanc veut avoir une vraie maîtrise de son métier d'horloger, affirme Jean-Marc Pontroué, directeur du développement des produits. Cela passe inévitablement par un outil de production autonome, avec une capacité à concevoir des mouvements, à les réaliser et à les emboîter ‘‘in house''. Avec notre premier mouvement chronographe entièrement réalisé dans nos ateliers, nous avons souhaité entrer par la grande porte dans un métier stratégique qui nous permettra d'accélérer notre développement international. Ce mouvement chronographe démontre notre engagement: il y a une vraie histoire derrière Rieussec, qui faisait déjà, en son temps, des compteurs à disques rotatifs. Il y a un vrai design avec le pont en forme de sourire qui relie les deux compteurs. Il y a une vraie détermination horlogère dans la décision de commencer par un chronographe mécanique à remontage manuel et roue à colonnes. Aujourd'hui, ce dispositif horloger ressemble à celui des grandes maisons de mode: d'un côté, l'atelier de haute couture (Villeret); de l'autre, la couture (Le Locle). Villeret, c'est l'héritage d'un savoir-faire superlatif dans la très haute horlogerie, avec 100 ou 200 pièces par an et quelques commandes spéciales. C'est un espace de transmission patrimoniale, qui n'a ni les mêmes contraintes, ni les mêmes rythmes que notre «locomotive» du Locle, destiné à appuyer notre montée en gamme. Chaque personnalité est respectée. Personne ne confondra un chronographe Villeret et un chronographe Montblanc, même s'ils sont tous les deux signés Montblanc et issus d'une manufacture de la marque…»
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Evolutions
Parmi les nouvelles propositions de Montblanc en 2008, on remarque: – une modernisation de la «Star 4810», héritière des premières montres Montblanc, dotée d'un nouveau cadran et d'une boîte élargie (41,5 mm), en acier et en or. – une très belle montre sportive, avec boîtier en tantale et lunette en or rose («Sport Gold Tantalium»), chronographe automatique de style plongée, certifié chronomètre. – une nouvelle «TimeWalker» chronographe, en 43 mm, avec lunette en céramique et bracelet à maillons céramique et acier. – pour les femmes, de nouvelles déclinaisons de la «Lady Moonphase» (automatique et phases de lune, avec diamant Montblanc sur le cadran) et une «Lady Elegance Diamonds» réalisée en trois exemplaires sur le thème graphique de l'«étoile explosée».
Collection Villeret
Réalisée en exclusivité à Villeret par l'ancienne manufacture Minerva (rachetée l'année dernière par Montblanc), la collection «Villeret» – sous-titrée «Pure Mécanique Horlogère » – veut porter le plus haut possible l'idée que Montblanc se fait de la haute horlogerie. Cette manufacture, qui fêtera cette année ses 150 ans, est sans doute restée l'une des plus traditionnelles maisons suisses de haute horlogerie. Véritable «musée vivant» des beaux-arts de l'horlogerie classique, cette manufacture permet à Montblanc de créer des montres de collectionneurs, intégralement réalisées sur place et assemblées par un seul maître horloger dans le plus strict respect de la bienfacture suisse. On y angle patiemment, à la main, les moindres composants, même les plus invisibles. Par exemple, l'intérieur du boîtier de barillet, qui renferme le ressort moteur de la montre, mais que personne ne devrait jamais ouvrir avant de nombreuses années, sauf en cas d'incident très grave…
Cadeaux d'anniversaire
Volontairement artisanale, la production chez Minerva est limitée à quelques dizaines de pièces, les mouvements eux-mêmes n'étant jamais «industrialisés», mais au contraire «discontinués » tous les deux ans en moyenne. C'est-àdire tout simplement «abandonnés» au profit de nouveaux calibres. Un purisme quasi maniaque, mais fièrement assumé. D'autant plus étonnant que toute l'industrie horlogère suisse est désespérément à la recherche de mouvements mécaniques réalisés dans le respect des traditions. C'est cette rareté, alliée à un niveau d'exigence et de qualité sans doute unique en Suisse, qui suscite la passion et qui attise la convoitise d'une poignée d'amateurs internationaux, fervents admirateurs d'une maison dont l'héritage est riche de multiples innovations mécaniques. En plus d'un bureau technique de jeunes horlogers aussi inventifs que bourrés d'énergie, Minerva possède en effet, dans son patrimoine mécanique, quelques «trésors» qui ne demandent qu'à être remis au goût du jour. Le 150e anniversaire de Montblanc devrait lui permettre de mieux faire connaître sa manufacture de haute horlogerie et proposer quelques créations que tout annonce aussi originales que spectaculaires.
Tribune des Arts - No360 - Avril 2008


