Elisabeth Eckert

Il est des maisons horlogères – tel Zenith au Locle qui pourrait, dans les prochains mois, supprimer quelque soixante emplois – où le partenariat social se passe bien. Malgré le contexte économique tendu. Il en est d'autres, à en croire par exemple Eric Thévenaz, secrétaire syndical chez Unia, «qui se conduisent comme des cow-boys».
Parmi ceux-là, Unia Genève classe clairement le groupe horloger Franck Muller Watchland qui vient d'annoncer le licenciement de la moitié de ses effectifs, soit 200?personnes sur 428, tant à Genève que dans le canton de Vaud (lire nos éditions du 5 juin).Hier matin, une quinzaine de syndicalistes ont procédé à une distribution de tracts devant le siège de l'entreprise horlogère à Genthod. Et pour cause.
Solutions alternatives
Selon Laetitia Magnin, d'Unia, «nous voulons informer les travailleurs de la situation et les inciter à nous contacter, pour essayer de réduire le nombre de licenciements». Comme nous l'a confirmé François Longchamp, ministre genevois de l'Emploi et de la Solidarité, aucune demande de chômage partiel n'a été déposée par Franck Muller auprès de ses services.
Cette absence de recherche de solutions alternatives – pourtant très usitée actuellement par le secteur horloger – a le don de fâcher les partenaires sociaux. «Les conditions du prétendu plan social, accuse encore Laetitia Magnin, sont tout aussi misérables pour la deuxième vague de licenciements que pour la première», qui s'est déroulée fin avril. Selon Unia, les indemnités proposées «ne respectent même pas le minimum prévu par la convention collective de l'horlogerie, dont Franck Muller est pourtant signataire». Les salariés du groupe sont dès lors appelés à se mobiliser le 23 juin prochain, lors d'une assemblée générale.
