L'Egypte entrera en mars sous la Pyramide avec une exposition sur l'au-delà au pays des pharaons.

Et c'est reparti pour un tour! Si la seule vraie pyramide de France se dresse au Louvre, celui-ci peut bien abriter une grande exposition sur l'Egypte. Elle aura d'ailleurs lieu sous l'édifice de verre et d'acier imaginé par I.M. Pei. Un juste retour des choses.
«Les Portes du Ciel», qui s'ouvriront le 6 mars, proposeront cette fois une vision thématique, et non plus historique, du pays du pharaon. La plupart des manifestations importantes consacrées à l'Egypte par le Grand Palais ont en effet mis en lumière une époque déterminée. C'est toujours plus simple.
Il suffit de citer trois exemples. Du 6 mars au 31 mai 1993, la sélection se limitait au règne d'Aménophis III, souverain phare de la XVIIIe dynastie. «L'art au temps des Pyramides » se concentrait au printemps 1999 sur les dynasties de l'Ancien Empire. «Trésors engloutis», qui a provoqué une ruée du 9 décembre 2006 au 16 mars 2007, proposait enfin des oeuvres plus récentes (tout est relatif avec l'Egypte!), puisqu'elles remontaient aux derniers siècles avant Jésus-Christ.
Le commissaire Marc Etienne a cette fois voulu proposer «un voyage à travers ces mondes dont les Portes du Ciel marquent l'accès.» On sait que l'au-delà constituait la grande préoccupation des Egyptiens de l'Antiquité. Ils ne se distinguaient finalement pas tant que ça des hommes de notre Moyen Age, pour qui la mort restait la grande affaire de la vie.
Cependant, en trois millénaires, les choses ont (lentement) évolué. Le ciel s'est en quelque sorte démocratisé. Réservée à l'origine au seul pharaon, l'éternité s'est étendue aux nobles, puis aux gens du commun à partir du Moyen Empire (2033-1786 environ). Il a donc fallu trouver des moyens de réussir son passage, «le ciel étant à la fois l'espace sensible vu de la Terre et la dimension abritant le divin».
Caractère familier
Marc Etienne aime à souligner cette progression. «Elle illustre la diversité et la souplesse d'adaptation aux mutations de cet art souvent qualifié de répétitif.» Art constitue parfois ici un grand mot. Les quelque 350 objets, allant du IIIe millénaire aux premiers siècles d'une ère qui n'était pas chrétienne pour tout le monde, demeurent d'un caractère familier. «Ils se verront cependant remis en contexte social, religieux et artistique. » Les organisateurs ont bien sûr pioché en priorité dans les vitrines et les réserves du Louvre. D'autres musées européens (l'Amérique semble cette fois trop lointaine) se sont cependant vus sollicités.
La chose trouvera sans doute son public. L'Egypte fait le plein. Il n'y a guère eu que la Fondation Gianadda pour perdre de l'argent avec «Offrandes aux dieux d'Egypte» en 2008. Reprise du «Met» de New York, il s'agissait pourtant d'une exposition magnifique. Comme quoi, rien n'est jamais joué…
Etienne Dumont
Les Portes du Ciel
Paris
Du 6 mars au 29 juin 2009.
Musée du Louvre.
Tél. +33 140 20 53 17.
Ouvert du mercredi au lundi de 9 h à 18 h;
mercredi et vendredi jusqu'à 22 h.
www.louvre.fr
Tribune des Arts - Février 2009 - No 369