Après Munich et avant New York, Paris accueille la grande rétrospective Kandinsky. Une merveille !
Tribune des Arts - Juin 2009
Etienne Dumont
Et c'est reparti pour un tour! Le Centre Pompidou présente les oeuvres de Vassili Kandinsky, avec tous les problèmes que cela commence à supposer. Né à Moscou en 1866, mort à Neuilly en 1944, l'artiste apparaît en eff et toujours plus loin de nous. Certains des tableaux présentés au sixième étage de Beaubourg ont aujourd'hui plus de cent ans…
Qu'importe! L'artiste, qui s'est révélé à lui-même sur le tard, reste l'un des plus importants créateurs du XXe siècle. Son nom demeure par ailleurs doublement lié à l'institution. Le Centre de recherches et de documentation du deuxième étage s'appelle la Bibliothèque Kandinsky. Et la Société Kandinsky contribue à l'enrichissement des collections du musée.
Exposition dans trois villes
L'actuelle rétrospective aura trois étapes. Pour la monter, il était en eff et indispensable d'avoir l'accord de Munich, de Paris et de New York. Munich, où l'artiste a vécu de 1896 à 1914, possède les oeuvres de cett e époque, données par Gabriele Münter, elle-même artiste douée, qui vivait à l'époque avec le Russe. Paris, où Kandinsky passa ses dernières années à partir de 1934, détient le legs consenti par sa veuve Nina. New York reste enfi n la ville de Salomon Guggenheim, qui se voulut le plus grand collectionneur de Kandinsky avant de fonder son fameux musée.
Les trois institutions ont donc créé un pot commun, qu'elles ont garni de 100 tableaux, tous de grande taille. Chacun fait ensuite ce qu'il veut. Le Centre Pompidou, dont c'est le péché mignon, a ainsi parsemé le parcours de petites salles de documentation. Kandinsky n'y apparaît plus comme plasticien, mais en tant que théoricien (cf page 17). Notez que la lecture de ses oeuvres, nourries de théosophie, reste plutôt ardue pour le profane. Un critique s'en plaignait déjà à l'époque. “ Ses livres off rent la lourdeur et la confusion des grands peintres prenant la plume.
Tableaux surtitrés
Reste que les toiles de Kandinsky, qui passe à l'abstraction dès 1909, sont lumineuses. La période d'avant 1914 est celle des grandes Improvisations, en apparence très libres mais secrètement méditées. Leur infl uence sur la peinture gestuelle sera très forte. Il est permis de moins apprécier les compositions très construites de l'époque du Bauhaus, dans les années 1920. L'homme semble perdre de sa spontanéité sous le poids de règles étouff antes. La période française le voit enfi n adopter des contours biomorphiques d'un secret humour. Le renouvellement apparaît total. Il n'existe heureusement pas de Kandinsky de la fin…
Admirablement choisies, les oeuvres (dont certaines sont cependant venues de Saint-Pétersbourg ou de Bâle) se voient sobrement alignées sur des murs tout blancs. Un surtitrage, comme à l'opéra, évite aux visiteurs de venir plonger du nez sur les étiquett es, gênant tout le monde au passage. La visite se révèle donc un bonheur. Et tant pis si les réflexions de Kandinsky sur l'art se perdent un peu au passage. On pourra toujours y revenir plus tard.
Kandinsky
Paris
Jusqu'au 10 août 2009.
Centre Pompidou.
Du mercredi au lundi de 11 h à 23 h.
tél. +33 144 78 12 33.
www.centrepompidou.fr
Etienne Dumont

Et c'est reparti pour un tour! Le Centre Pompidou présente les oeuvres de Vassili Kandinsky, avec tous les problèmes que cela commence à supposer. Né à Moscou en 1866, mort à Neuilly en 1944, l'artiste apparaît en eff et toujours plus loin de nous. Certains des tableaux présentés au sixième étage de Beaubourg ont aujourd'hui plus de cent ans…
Qu'importe! L'artiste, qui s'est révélé à lui-même sur le tard, reste l'un des plus importants créateurs du XXe siècle. Son nom demeure par ailleurs doublement lié à l'institution. Le Centre de recherches et de documentation du deuxième étage s'appelle la Bibliothèque Kandinsky. Et la Société Kandinsky contribue à l'enrichissement des collections du musée.
Exposition dans trois villes
L'actuelle rétrospective aura trois étapes. Pour la monter, il était en eff et indispensable d'avoir l'accord de Munich, de Paris et de New York. Munich, où l'artiste a vécu de 1896 à 1914, possède les oeuvres de cett e époque, données par Gabriele Münter, elle-même artiste douée, qui vivait à l'époque avec le Russe. Paris, où Kandinsky passa ses dernières années à partir de 1934, détient le legs consenti par sa veuve Nina. New York reste enfi n la ville de Salomon Guggenheim, qui se voulut le plus grand collectionneur de Kandinsky avant de fonder son fameux musée.
Les trois institutions ont donc créé un pot commun, qu'elles ont garni de 100 tableaux, tous de grande taille. Chacun fait ensuite ce qu'il veut. Le Centre Pompidou, dont c'est le péché mignon, a ainsi parsemé le parcours de petites salles de documentation. Kandinsky n'y apparaît plus comme plasticien, mais en tant que théoricien (cf page 17). Notez que la lecture de ses oeuvres, nourries de théosophie, reste plutôt ardue pour le profane. Un critique s'en plaignait déjà à l'époque. “ Ses livres off rent la lourdeur et la confusion des grands peintres prenant la plume.
Tableaux surtitrés
Reste que les toiles de Kandinsky, qui passe à l'abstraction dès 1909, sont lumineuses. La période d'avant 1914 est celle des grandes Improvisations, en apparence très libres mais secrètement méditées. Leur infl uence sur la peinture gestuelle sera très forte. Il est permis de moins apprécier les compositions très construites de l'époque du Bauhaus, dans les années 1920. L'homme semble perdre de sa spontanéité sous le poids de règles étouff antes. La période française le voit enfi n adopter des contours biomorphiques d'un secret humour. Le renouvellement apparaît total. Il n'existe heureusement pas de Kandinsky de la fin…
Admirablement choisies, les oeuvres (dont certaines sont cependant venues de Saint-Pétersbourg ou de Bâle) se voient sobrement alignées sur des murs tout blancs. Un surtitrage, comme à l'opéra, évite aux visiteurs de venir plonger du nez sur les étiquett es, gênant tout le monde au passage. La visite se révèle donc un bonheur. Et tant pis si les réflexions de Kandinsky sur l'art se perdent un peu au passage. On pourra toujours y revenir plus tard.
Kandinsky
Paris
Jusqu'au 10 août 2009.
Centre Pompidou.
Du mercredi au lundi de 11 h à 23 h.
tél. +33 144 78 12 33.
www.centrepompidou.fr
