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Doris Leuthard prône le libre-échange

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La ministre de l'économie était l'invitée de la Fédération de l'industrie horlogère suisse à l'occasion de son assemblée générale à Genève
25 juin 2009Fabrice Eschmann – BIPHA l'heure des questions, il y a d'abord eu un court silence. Puis le landerneau horloger a pris son courage à deux mains: pourquoi ne baisse-t-on pas la TVA pour l'horlogerie?, a commencé un premier; pourquoi sauve-t-on UBS et pas nous?, a osé un second; pourquoi n'y a-t-il pas de plan de relance spécifique à l'horlogerie?, a insisté un troisième. En face d'eux, la Conseillère fédérale Doris Leuthard, cheffe du Département fédéral de l'économie, ne s'est pas laissée démonter. Elle était l'invitée de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) qui tenait, ce jeudi, son assemblée générale à Genève. Quittant quelques heures la réunion ministérielle de l'OCDE à laquelle elle participait à Paris, elle a fait une entrée remarquée en plein milieu de séance, pour repartir une heure plus tard pour la capitale française. Avant de prendre congé, la ministre de l'économie a asséné une dernière fois: «Pour moi, il est primordial d'améliorer les conditions cadre en matière d'exportations. Vue la crise (…), nous devons multiplier les accords de libre-échange.»Exports_326033_0
A côté des plans de relance de la Confédération – dont Jean-Daniel Pasche, président de la FH, a souligné les effets limités pour le secteur horloger – et en attendant le déblocage du Cycle de Doha à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les accords de libre-échange (bilatéraux ou dans le cadre de l'AELE) sont en effet considérés par la Confédération comme «des mesures de lutte contre la crise». Chaque année, les droits de douane et autres taxes sur le luxe coûtent à l'industrie horlogère suisse des centaines de millions de francs.20 accords bilatéraux déjà en vigueur

La Suisse peut aujourd'hui s'appuyer sur 20 accords passés avec des pays hors Union européenne, contre 14 en 2006. Ce réseau a permis au secteur d'exportation d'économiser près d'un demi-milliard de francs pour la seule année 2008. Le dernier accord signé l'a été entre les pays de l'AELE (Suisse, Islande, Liechtenstein et Norvège) et les Etats membres du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar). Cette zone représente le cinquième marché d'exportations de la branche horlogère. En septembre 2008, c'est avec la Japon que la Suisse a conclu un accord de libre-échange.Exports_326033_1

Jean-Daniel Pasche - Le président de la Fédération de l'industrie horlogère suit de près les négociations en cours en vue d'accords de libre-échange © Fabrice Eschmann/Worldtempus.com



Mais si les négociations se multiplient, un certain nombre de dossiers inquiètent la FH. «Parmi les pays émergents, la Russie reste un sujet de préoccupations», a noté Jean-Daniel Pasche dans son rapport du président. Lors des négociations d'adhésion à l'OMC en 2005-2006, le volet horloger avait été abordé dans un sens positif: abaissement des droits de douane (actuellement de 20%), simplification du contrôle des métaux précieux et suppression des contraintes administratives lors du renvoi de montres en Suisse pour réparations. Seulement voilà, la Russie n'a toujours pas adhéré à l'OMC et les mesures ne sont pas entrées en vigueur.Russie problématique«Alors en attendant, nous négocions en bilatéral, explique Jean-Daniel Pasche. Le trafic préparatoire pose problème en Russie. Il existe bien une législation qui affranchit de toute taxe une montre revenant de Suisse après réparation. Mais dans les faits, vu la complexité des textes et leurs différentes interprétations possibles, cela ne fonctionne pas. Mais une rencontre le 20 mai dernier, initialisée par la FH et organisée par l'ambassade de Suisse à Moscou avec le directeur des douanes russes, nous donne une lueur d'espoir.» Pour un accord global de libre-échange cependant, Doris Leuthard se veut plus pessimiste: «J'ai encore rencontré hier soir (ndlr: le 24 juin) la ministre russe du développement économique Elvira Nabioullina. Elle m'a redit que cet accord était conditionné à l'entrée de la Russie à l'OMC.»Exports_326033_2
Parmi les pays du BRIC, le Brésil est encore plus problématique: les droits de douanes sur les produits exportés par la Suisse y sont de 90%. Et les négociations ne sont pas près de démarrer: «Le Brésil veut d'abord que tous les membres du Mercosur (ndlr: Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela) adhèrent comme lui à l'OMC, relève Doris Leuthard. Deuxièmement, il ne veut pas d'accord bilatéraux, mais au niveau du Mercosur. C'est très difficile!» Enfin, pour les deux derniers pays du BRIC, la ministre de l'économie espère une entrée en vigueur d'un accord de libre-échange au printemps 2010 avec l'Inde et dans deux ans avec la Chine.Exports_326033_3