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Evian accueille la «Villa Médicis des pauvres»

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Le Palais Lumière présente une rétrospective sur La Ruche, un lieu mythique de Montparnasse, accueillant toujours, depuis 1902, de jeunes artistes démunis.
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Evian est placé sous le signe de la lumière. Celle, toute naturelle, qui irradie le lac. Et puis, celle des Lumière, les inventeurs du cinéma. L'hôtel de ville, depuis 1927, est ainsi une villa Lumière. Edifiée de 1885 à 1895, elle fut la résidence de la famille. Mais il est un autre édifice, éclatant, à l'architecture opulente, qu'on ne peut rater sur les quais. Le Palais Lumière, ce fleuron de l'architecture thermale, comme disent les guides. Depuis 2006, il est converti en espace culturel et de congrès, avec auditorium, salles de réunion, médiathèque et espace d'exposition, bien sûr.

C'est ici que prend place, le temps d'une saison, une exposition sur La Ruche, ce lieu mythique établi au coeur du quartier de Montparnasse, en 1902, l'année même de la construction du Palais Lumière. Un bâtiment qui permit à nombre d'artistes de tous les pays de pouvoir s'affirmer, à moindres frais. On surnommait d'ailleurs La Ruche, la Villa Médicis des pauvres. Un mouvement qui était dû à la géniale intuition de son fondateur, Alfred Boucher, un sculpteur ayant connu des temps difficiles avant d'accéder à une certaine gloire. Se métamorphosant en philanthrope, il vint ainsi en aide aux jeunes artistes qui travaillaient à La Ruche, à peu de frais.

Des alvéoles très fréquentées C'est tout un foisonnement artistique qui est évoqué par cette exposition. Après un hommage mérité à Alfred Boucher, grâce à un ensemble d'oeuvres provenant du Musée Boucher de Nogent-sur-Marne. C'est grâce à lui que des artistes aussi différents que Chagall, Léger, Modigliani, Soutine et même Max Jacob, se sont lancés dans la création artistique… Mais nombre de contemporains sont aussi évoqués: Ernest Pignon, Reyberolle, Guy de Rougemont… justifiant pleinement par leur activité bourdonnante dans des ateliers disposés en alvéoles, le nom de Ruche, explique Sylvie Buisson, une des deux commissaires de l'exposition. Ce sont au total quelque 250 oeuvres qui sont présentées de la part d'une centaine d'artistes, dont une trentaine contemporains: peintures, sculptures, photos, vidéos, installations. La Fondation Gianadda, avec laquelle un partenariat a été institué, sur les billets d'entrée notamment, a prêté un Modigliani de 1909, le portrait de Jean Alexandre, frère du docteur Alexandre, mécène de l'artiste, complété à l'envers, par un Nu. Devenue fondation avec président et conseil d'administration, la Cité de la Ruche, au passage Dantzig, accueille aujourd'hui 64 artistes. Un gage d'avenir.

M. B.

La Ruche, cité des artistes, 1902-2008
Evian
Jusqu'au 10 mai 2009.
Palais Lumière,
Quai Albert-Besson.
Tous les jours de 10 h 30 à 19 h,
lundi de 14 h à 19 h.
Tél. +33 450 83 15 90.
Catalogue coédité
par les éditions Alternatives
et le Palais Lumière: 35 euros.
www.ville-evian.fr



Tribune des Arts - Février 2009 - No 369