Le 13 juin prochain, des joyaux ayant appartenu à la reine Marie- José, qui vécut jusqu'à son décès en 2002 au château de Merlinge à Gy, dans le canton de Genève, seront vendus aux enchères à Londres. Ce sont pas moins de 41 lots qui seront proposés chez Christie's par Marie-Gabrielle de Savoie qui en avait hérité personnellement lors du décès de sa mère. Résidant à Genève, la princesse anime la Fondation en l'honneur de Marie-José et d' Umberto II, qui ne régna qu'un mois en mai 1946, avant de perdre le trône à la suite d'un référendum et d'être contraint àl'exil. Tiares Le lot le plus important est à coup sûr une très belle tiare sertie de diamants et réalisée par Fabergé en 1895 vraisemblablement. Elle fut donnée en héritage à Marie-José, lors de la mort de son frère, le prince Charles Théodore, comte de Flandres, en 1983. Son estimation est de 400 000 à 600 000 livres, soit de 950 000 francs à 1,4 million de francs. Une autre tiare en perles naturelles, diamants et or jaune, convertie en bandeau, sera également proposée aux enchères avec une estimation de 10 000 à 12 000 livres, ou de 24 000 à 28 000 francs. Ce fut la première tiare à être portée par la reine Marie-José. Elle figurait dans la collection de Stéphanie de Beauharnais, nièce de l'impératrice Joséphine, première épouse de Napoléon Ier. A signaler parmi les parures, un ensemble en diamants et turquoises comprenant un collier, deux bracelets, une broche et une paire de boucles d'oreille, montés en argent et en or. Datant des années 1830, estimé de 30 000 à 40 000 livres, il était le cadeau de noces de ses parents, les souverains de Belgique, le Roi Albert Ier et la reine Elisabeth, lorsqu'elle épousa Umberto II le 6 janvier 1930. Marie José porta la parure lors d'une réception deux jours avant les noces. Par la suite, le collier fut monté en bandeau de la même couleur que la traîne royale créée par la maison milanaise Ventura et ornée de fleurs marquées du célèbre noeud distinctif de la maison de Savoie. Autre cadeau fait cette fois-ci par le roi Victor Emmanuel III et la reine Hélène, les parents d' Umberto: une broche en diamant, montée en argent et or, datant des années 1840 (6000 – 8000 livres). Mais la vente, prévient Stefano Papi, senior European specialist des bijoux chez Christie's Genève, comprendra également d'autres lots. Comme de rares livres traitant de la joaillerie et achetés par Umberto II. Les Joyaux de la Couronne Russe, de 1927, sont estimés de 3000 à 5000 livres. Même estimation pour Les Joyaux de la Couronne Française, de 1887. Toutefois, deux autres ouvrages originaux, datant de 1791, présentent un inventaire des joyaux de la Couronne française tels qu'ils figuraient au Garde-Meuble national pendant la Révolution française, avant qu'un certain nombre ne soient volés (1000 –2000 livres). Les mouchoirs aussi Par la suite, le 27 juin, toujours chez Christie's à Londres, Marie-Gabrielle de Savoie mettra en vente des oeuvres d'art, comprenant quelque 350 lots avec un peu toutes les estimations, depuis 200 livres à quelque 50 000 livres. Une sélection comprenant des portraits historiques de la dynastie des Savoie qui régna en Italie dès 1860, de l'argenterie, des pièces de Fabergé, des mouchoirs de lin ornés du monogramme des Savoie, des services de table, des photographies et quelques meubles provenant du château de Racconigi, près de Turin, résidence privée du roi Umberto II et de sa famille. Parmi les principaux lots: un coffre à bijoux de la moitié du XVIIIe siècle en ivoire gravé, nacre et écaille de tortue, du fameux ébéniste turinois Pietro Piffetti (50 000 – 80 000 livres); un briquet de table en forme de singe, par Fabergé (20 000 – 30 000 livres); et une armure miniature française, de la moitié du XIXe siècle, pour un cavalier et son cheval, par E. Granger à Paris (7000 –10 000 livres).
Tiare sertie de diamants réalisée par Fabergé en 1895. Estimation: de 950 000 francs à 1,4 million de francs. (LDD)Tribune de Genève / MICHEL BONEL / www.tdg.ch |