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La reine d' Italie vend ses joyaux à Londres

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Sa fille, Marie Gabrielle de Savoie, se sépare de souvenirs personnels.

La reine Marie-José portant sur son écharpe une broche en or, argent et diamants des années 1840 (estimée 6000 – 8000 livres) lors d'un mariage en Grèce en 1964. A gauche, sa fille Marie-Gabrielle de Savoie. (LDD)
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Le 13 juin prochain,
des joyaux ayant appartenu à la reine Ma­rie- José, qui vécut jusqu'à son décès en 2002 au château de Merlinge à Gy, dans le canton de Genève, seront vendus aux enchères à Londres.
Ce sont pas moins de 41 lots qui seront proposés chez Chris­tie's par Marie-Gabrielle de Sa­voie qui en avait hérité person­nellement lors du décès de sa mère. Résidant à Genève, la princesse anime la Fondation en l'honneur de Marie-José et d' Umberto II, qui ne régna qu'un mois en mai 1946, avant de perdre le trône à la suite d'un référendum et d'être con­traint àl'exil.
Tiares

Le lot le plus important est à coup sûr une très belle tiare sertie de diamants et réalisée par Fabergé en 1895 vraisem­blablement. Elle fut donnée en héritage à Marie-José, lors de la mort de son frère, le prince Charles Théodore, comte de Flandres, en 1983. Son estima­tion est de 400 000 à 600 000 livres, soit de 950 000 francs à 1,4 million de francs.
Une autre tiare en perles na­turelles, diamants et or jaune, convertie en bandeau, sera éga­lement proposée aux enchères avec une estimation de 10 000 à 12 000 livres, ou de 24 000 à 28 000 francs. Ce fut la pre­mière tiare à être portée par la reine Marie-José. Elle figurait dans la collection de Stéphanie de Beauharnais, nièce de l'im­pératrice Joséphine, première épouse de Napoléon Ier.
A signaler parmi les parures, un ensemble en diamants et turquoises comprenant un col­lier, deux bracelets, une broche et une paire de boucles d'oreille, montés en argent et en or. Datant des années 1830, estimé de 30 000 à 40 000 li­vres, il était le cadeau de noces de ses parents, les souverains de Belgique, le Roi Albert Ier et la reine Elisabeth, lorsqu'elle épousa Umberto II le 6 janvier 1930. Marie José porta la pa­rure lors d'une réception deux jours avant les noces. Par la suite, le collier fut monté en bandeau de la même couleur que la traîne royale créée par la maison milanaise Ventura et ornée de fleurs marquées du célèbre noeud distinctif de la maison de Savoie.
Autre cadeau fait cette fois-ci par le roi Victor Emmanuel III et la reine Hélène, les parents d' Umberto: une broche en dia­mant, montée en argent et or, datant des années 1840 (6000 – 8000 livres).
Mais la vente, prévient Ste­fano Papi, senior European spe­cialist des bijoux chez Christie's Genève, comprendra également d'autres lots. Comme de rares livres traitant de la joaillerie et achetés par Umberto II. Les Joyaux de la Couronne Russe,
de 1927, sont estimés de 3000 à 5000 livres. Même estimation pour Les Joyaux de la Couronne Française, de 1887. Toutefois, deux autres ouvrages originaux, datant de 1791, présentent un inventaire des joyaux de la Cou­ronne française tels qu'ils figu­raient au Garde-Meuble natio­nal pendant la Révolution fran­çaise, avant qu'un certain nombre ne soient volés (1000 –2000 livres).
Les mouchoirs aussi

Par la suite, le 27 juin, tou­jours chez Christie's à Londres, Marie-Gabrielle de Savoie met­tra en vente des oeuvres d'art, comprenant quelque 350 lots avec un peu toutes les estima­tions, depuis 200 livres à quel­que 50 000 livres. Une sélection comprenant des portraits histo­riques de la dynastie des Savoie qui régna en Italie dès 1860, de l'argenterie, des pièces de Fa­bergé, des mouchoirs de lin ornés du monogramme des Sa­voie, des services de table, des photographies et quelques meubles provenant du château de Racconigi, près de Turin, résidence privée du roi Um­berto II et de sa famille. Parmi les principaux lots: un coffre à bijoux de la moitié du XVIIIe siècle en ivoire gravé, nacre et écaille de tortue, du fameux ébéniste turinois Pietro Piffetti (50 000 – 80 000 livres); un briquet de table en forme de singe, par Fabergé (20 000 – 30 000 livres); et une armure miniature française, de la moi­tié du XIXe siècle, pour un cavalier et son cheval, par E. Granger à Paris (7000 –10 000 livres).

 
Tiare sertie de diamants réalisée par Fabergé en 1895. Estima­tion: de 950 000 francs à 1,4 million de francs. (LDD)

Tribune de Genève / MICHEL BONEL  / www.tdg.ch