Michel Bonel
Ce week-end débute la grande semaine des ventes aux enchères de printemps à Genève. Une manifestation toujours prestigieuse, mais qui réduit sa voilure, en offrant moins de joyaux et moins de montres, mais bien sélectionnés, et à des estimations bien souvent réduites elles aussi, pour s'adapter aux nouvelles conditions du marché.
Pour Eveline de Proyart, directrice de Christie's à Genève, la sélection n'en demeure pas moins extrêmement intéressante et variée, qu'il s'agisse de joaillerie, de montres ou de vins. Chaque catégorie présente des lots à tous les niveaux de prix. Devant des estimations réalistes, les collectionneurs sont toujours actifs et les lots de qualité continuent d'obtenir des enchères élevées.» Une constatation qui a une valeur générale.

A Genève, les joyaux sont toujours à l'honneur. Chez Sotheby's, une très belle collection de bijoux passe presque inaperçue. Elle est pourtant signée Harry Winston, souligne David Bennett, président du département international de haute joaillerie pour l'Europe et le Moyen-Orient. Elle comprend 33 lots, dont le dernier, un bracelet de 1968, en diamants et saphirs de Birmanie et de Ceylan, montés sur platine, est estimé de 540 000 à 760 000 francs. Mais tout le monde n'aura d'yeux que pour le diamant bleu de 7,03 carats et estimé de 6,8 à 10 millions de francs. Il sera même porté sur les fonts baptismaux par son acheteur le 12 mai, puisqu'il n'a pas de nom.

Chez Christie's, 196 lots de joyaux sont estimés à 22 millions de francs. «Le marché des diamants et des joyaux a trouvé un palier par suite des dernières ventes et ce palier devrait permettre de repartir tranquillement vers des ventes calmes et régulières», déclare Eric Valdieu. Le vice-président de Christie's Suisse et chef du département joyaux avoue une faible pour deux belles broches au serti mystérieux de Van Cleef & Arpels, l'une ornée de saphirs (50 000 - 80 000 francs) et l'autre ornée de rubis (90 000 - 120 000 francs).

Au secteur montres, Sotheby's disperse dans une de ces ventes spectacles dont Geoffroy Ader, l'expert, a le secret, 169 lots, pour une estimation de 4 à 6 millions de francs, de toutes provenances et de toutes les époques. Un de ses favoris est une Patek Philippe au cadran doré, ce qui est rare pour l'époque, 1987, souligne-t-il. Estimation: 120 000 à 180 000 francs.

Tandis que chez Christie's, 339 lots de montres sont offerts pour une estimation globale de 8,9 à 12,8 millions de francs. Une pièce extraordinaire, mise en avant par Sabine Kegel, de Christie's, est aussi une Patek Philippe, manufacturée en 1936. On vient de la redécouvrir et elle n'existe qu'en deux exemplaires. C'est le plus grand modèle jamais réalisé par cette marque. Estimation: 300 000 à 500 000 francs.
Quant à Philips de Pury & Company, la société offre 173 lots pour une estimation globale de 4,3 millions de francs. A signaler enfin que Michael Ganne et Oliver Wiseman, de Christie's, ont réussi à dénicher 700 lots de grands crus reposant béatement dans des caves suisses et qui vont affronter le feu des enchères, mardi 12 mai. Avec à la clef, un Château Latour-Vintage, de 1959, Pauillac, 1er cru classé. De 13 000 à 18 000 francs le lot de douze bouteilles!
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