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A l'heure de l'intégrité

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L'horlogerie, comme les autres industries, doit trouver les stratégies pour échapper au pire de la crise.
Montres par Bilan - 25.03.2009
Stéphane Benoit-GodetEdito_325549_0

Bien malin celui qui sait comment les horlogers sortiront de cette crise. Les secousses précédentes n'avaient pas atteint une telle amplitude, ni prévu de durer aussi longtemps. La crise actuelle apparaît pour les économistes comme la pire depuis la Grande Dépression des années 1930. L'horlogerie, comme les autres industries, doit trouver les stratégies pour échapper au pire. A cette occasion, des certitudes volent en éclats et de nouvelles attitudes sont requises.

Constat no 1: personne n'est immunisé. En automne encore, la plupart des observateurs du luxe pensaient que les marques les plus prestigieuses resteraient les mieux loties. On sait aujourd'hui que c'est faux et que des maisons qui jusque-là avaient fait tout juste en termes de produits, de verticalisation industrielle et de réseau de distribution se retrouvent avec les mêmes difficultés que tous leurs concurrents. Pas de vente sans acheteurs.

Constat no 2: il faut préserver la substance. Les mises au chômage partiel, voire au chômage tout court, sont une réalité chez tous les horlogers et dans tous les groupes depuis le dernier trimestre 2008. Une réalité qu'il faut assumer. Beaucoup trop de nos interlocuteurs s'installent dans un déni dangereux. Certains nous ont même affirmé, les yeux dans les yeux, qu'il n'y avait pas de licenciements chez eux alors que dans le même temps ils restructuraient. Le double discours n'a pas seulement pour effet de fâcher les journalistes. Il ronge plus sûrement que l'acide l'intégrité de nos interlocuteurs dans leur position d'entrepreneurs ou de managers.

Constat no 3: la crise est celle du concept même de valeur. L'industrie du luxe, bâtie sur ce thème, voit donc un de ses fondements ébranlé. Dans l'horlogerie de prestige, c'est la valeur même du produit qui prime. Le consommateur, aujourd'hui, veut être rassuré sur la qualité de ce qu'il achète comme sur la pérennité de son investissement. Il attribue subitement une valeur différente à tous les pans de sa vie lorsque l'environnement se dramatise. L'amateur de luxe se conforme sans s'en rendre compte au «socialement correct» et ne sort son porte-monnaie que lorsqu'il se sent en zone de confiance. C'est ce halo de sérieux et d'intégrité que les horlogers doivent savoir déployer autour de leurs montres.

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