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La crise? Pas pour les horlogers

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Alors que pas un jour ne se passe sans que les chefs d'états, lesbanques centrales et les Cassandre annoncent la venue d'une crisemondiale, je pense que les horlogers ne doivent pas trop se faire desoucis.
En effet, depuis 1973, date à laquelle j'ai commencé àfréquenter leur monde de près, j'ai vu passer les crises aussirégulièrement que les saisons et je les ai toujours vus résister malgréles chutes des Bourses, celles du marché de l'art, de l'immobilier,malgré l'arrivée du quartz, de la concurrence japonaise ou chinoise.L'horlo­gerie est comme le Phénix, sachant toujours renaître de sescendres, plus forte que jamais.Alors qu'on reparle de crise, toutes lesstatistiques démon­trent que les riches sont tou­jours plus nombreux,que notre niveau de vie n'a jamais été aussi élevé et que, si pourbeaucoup d'entre nous les fins de mois sont difficiles, c'est parce quenous dépen­sons toujours plus pour des activités dont nous n'avions pasidée il y a trente ans. Ne serait-ce que les téléphones portables. Etcela aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis ou en Chine.Tout cela pour rappeler que le vrai luxe ne risque pas de souffrir, quoi qu'il puisse se passer.
Eneffet, il est intéressant de rappeler que les grandes mar­queshorlogères, comme Patek Philippe, Vacheron Constantin, Audemars Piguetou même Breguet ont créé leurs montres les plus extraordinaires enpériode de crises, moment où les clients se tournent imman­quablementvers les vraies valeurs. Bien sûr les marques que je qualifieraisd'artificiel­les, qui ne proposent que du vent sous un emballage à lamode, des montres qui ne coûtent pas cher à fabriquer mais qui sevendent souvent hors de prix, risquent de souf­frir, entre autres desquelques centaines de milliers (on parle de plus de 200 000) de jeunes«banquiers» qui ont été mis à la porte suite aux pertes dues aux fameux«subprime». Ils ne savaient pas trop comment dépenser vite leursénormes bonus, voilà une question existentielle réglée. Mais je ne mefais pas de souci pour les Etats-Unis, ce grand pays qui a depuistoujours des pouvoirs d'absorption inouïs, comme une grosse éponge, cequi fait que la crise passera tout dou­cement. Ni pour l'Extrême­Orient d'ailleurs où tout un chacun travaille du matin au soiret du soir au matin. Mais je vous avoue en conclusion que j'ai peurpour l' Europe où tout est figé, statique. Une immobilité quiressemble, par certains côtés, à une mort clinique.