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Boom des exportations horlogères

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Les ventes à l'étranger explosent. Toute la branche profite d'une croissance exceptionnelle. Les chiffres doivent pourtant être nuancés.

Tribune de Genève - 22 septembre 2010

Frédéric Vormus

La grosse montre en or, façon président d'une république voisine, continue de s'aimanter aux poignets des moins de 50 ans. En août, les exportations des modèles contenant du métal jaune ont bondi de 38,2% pour atteindre un montant de 317,4 millions de francs, selon les chiffres de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) parus hier. Toute la branche profite de ce mouvement ascendant.

Une surprise française

Les ventes de montres à l'étranger, toutes gammes confondues, ont progressé de 25,9% par rapport à août 2009. Elles s'établissent à 994,1 milliards pour le mois dernier. Le 1,8 million de modèles exportés se divise en quatre segments selon le prix de vente à la sortie de la manufacture (à multiplier au minimum par trois pour obtenir le montant en magasin): moins de 200 francs, jusqu'à 500 francs, jusqu'à 3000 francs et au-delà de 3000 francs. Philippe Pegoraro, statisticien à la FH, en détaille la répartition: «Sur les huit premiers mois de l'année, les montres de moins de 200 francs ont compté pour trois quarts du volume des exportations mais pour seulement 8% de leur valeur. A l'opposé, les produits de plus de 3000 francs ne font que 5% du volume mais représentent 60% de la valeur totale.» Le prix moyen des montres exportées est passé de 494 francs à 567 francs en une année.

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Hong Kong reste le principal débouché pour les produits suisses (199,5 millions). Les Etats-Unis, officiellement sortis de la récession, occupent la deuxième place, avec 104,1 millions, mais marquent une modeste hausse de 7,6%. La grande surprise vient de la France qui a doublé ses importations et se hisse au troisième rang (86,1 millions). Jean-Claude Biver, le directeur de Hublot, l'explique ainsi: «La France est l'un des pays les plus visités au monde. Les touristes profitent de la faiblesse de l'euro pour acheter des montres. Comme les producteurs suisses n'ont pas encore complètement ajusté leurs prix de vente au cours actuel de l'euro, certaines marques sont aujourd'hui entre 15 et 20% moins chères en France. Ce qui explique en partie la forte demande.»

Des chiffres à nuancer

L'extraordinaire vitalité du secteur horloger suisse est néanmoins à relativiser. En raison du caractère hautement saisonnier des produits horlogers, la comparaison s'établit d'une année à l'autre. Or, 2009 s'est avérée catastrophique pour l'exportation. Elle a perdu plus de 20% par rapport à 2008, une année il est vrai exceptionnelle. A tel point que Jean-Claude Biver, pour établir ses taux de croissance, ne se base que sur celle-ci: «Rien ne sert de se comparer au moins bon, il faut toujours prendre le meilleur. Nous voulons battre 2008 et pour l'instant nous y parvenons.» Des perspectives que ne devrait pas atteindre l'ensemble de la branche d'après Philippe Pegoraro: «Ce taux de 20% ne va pas pouvoir être tenu sur le reste de l'exercice. On va retrouver un rythme proche de celui de ces dernières années»

Ce qui, pour le secteur horloger, n'est pas plus mal. Rien ne sert de courir des risques de surchauffe qui pourraient prétériter la qualité de la production suisse. Là où réside sa vraie distinction.

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