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Mécaniques hyperdynamiques

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«Nous sommes très confiants quant au présent et à l'avenir du marché pour les montres de luxe, tout simplement parce que de Grisogono opère sur un marché de niche. Nous avons quelques arguments pour nourrir cet optimisme: nous avons enregistré beaucoup de commandes en 2007, ainsi que bon nombre de commandes «ouvertes», qui n'ont pas été annulées et qui restent à servir. Nous arrivons donc à la Foire de Bâle 2008 avec plusieurs modèles prévendus et nous nous y présentons avec beaucoup d'ambitions et surtout dans un esprit très positif. A moins d'un événement international particulièrement dramatique, l'avenir des marques de luxe me paraît très bon.»

Fawaz Gruosi, président de de Grisogono.

 

Fausse simplicité
«Otturatore»: une montre, deux aiguilles permanentes, trois aiguilles «secrètes» et quatre affichages de fonctions annexes sur un cadran qui ne les dévoile qu'une par une. Un concept qui se révèle à la fois ludique et hyper technique dans sa fausse simplicité apparente. C'est sans doute la première fois qu'une montre «compliquée» affiche aussi discrètement et aussi lisiblement sa complexité. Pour prendre connaissance de chacune des quatre indications (secondes, date, réserve de marche et phases de lune), il suffit d'actionner un déclencheur séquentiel: il réagit à la (milli)seconde en libérant, dans le sens choisi par l'utilisateur – selon le poussoir – un cadran mobile dont le guichet ne dévoile que la fonction sélectionnée.

Nouvelle génération
L'«Otturatore» ouvre une nouvelle voie dans l'approche des complications horlogères: il ne s'agit plus ici d'empiler les indications sur un cadran de dimensions forcément modestes, mais de ne révéler que les indications immédiatement utiles au porteur. L'asymétrie compensée du boîtier crée un décalage esthétique qui apporte une touche de modernité, accentuée par la forme du guichet dans lequel s'inscrit la fonction choisie. Le cadran de la montre n'est ainsi jamais le même: seul un examen attentif révèle son «double jeu» bidirectionnel. Plusieurs centaines d'heures d'étude ont été conduites sur des super calculateurs pour optimiser cet affichage séquentiel. Mais c'est le mariage réussi de la complication technique et de la simplicité esthétique qui signe le succès d'une pièce emblématique de la nouvelle horlogerie créative.

Une vraie complication
Le module d'affichage séquentiel proposé par de Grisogono intègre plus de 100 composants différents, dont les deux barillets nécessaires, l'un pour la précision de la montre (quarante-quatre heures de réserve de marche), l'autre pour maintenir la réserve d'énergie indispensable au fonctionnement du déclencheur. Le seul mouvement comprend une autre centaine de composants. Néanmoins, l'«Otturatore» cache subtilement son jeu sous une allure de montre classique (boîtier en or rouge, aiguilles dauphine en or rouge, cadran guilloché Clous de Paris) que démentent la couronne surdimensionnée et les poussoirs qui l'encadrent. En révélant les finitions noircies d'un mouvement à l'architecture originale, le fond saphir au dos de la montre prouverait à ceux qui en doutent encore qu'il s'agit d'une montre de haute horlogerie.

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Analogique et digitale

La combinaison dans une montre purement mécanique d'un affichage analogique (aiguilles) et d'un affichage digital (heures exprimées en chiffres) est un défi horloger sur lequel plusieurs marques – et non des moindres – se sont cassé les dents. Courageusement, de Grisogono tente une mission que beaucoup considèrent comme impossible et lance la «Meccanico DG». Intuition de Fawaz Gruosi: ne pas confier la conception de ce mouvement à des horlogers, mais à un bureau d'études techniques sans préjugés mécaniques, ni timidités paralysantes. Le résultat final est pour le moins étonnant, avec deux montres en une: une analogique classique dans la partie supérieure du cadran; une heure digitale dans la partie inférieure, avec un très complexe jeu de cames, de tiges et de renvois qui animent des «palettes» en couleur dont l'assemblage forme des chiffres.

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Rupture esthétique

Montre de rupture par son concept analogico-digital, mais aussi par la structure totalement inhabituelle de son mouvement mécanique, la «Meccanico DG» impose également son style esthétique par la forme de son boîtier en pyramide tronquée, aux flancs subtilement galbés. Pourtant, malgré son volume, la «Meccanico DG» reste agréable au poignet. L'allure particulière de son cadran pose cette montre en talking piece de référence, qui réclamera de son porteur une solide culture horlogère pour répondre aux nombreuses questions de son entourage. Pour varier les plaisirs, la «Meccanico DG» sera disponible dans différentes couleurs de «palettes»: à chacun son heure digitale.

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Quinze ans après…

«Nous sommes une toute jeune marque, née en 1993, raconte Fawaz Gruosi. Déjà 15 ans ou seulement 15 ans? C'est de toute façon l'âge où l'on sort de l'enfance et c'est l'âge de toutes les promesses. Je serai tenté de dire que nous avons inventé beaucoup de choses en quinze ans, en imposant un nouveau style de joaillerie, à la fois plus glamour et plus démonstratif, en «inventant » le diamant noir (dont personne ne voulait avant que nous lui rendions hommage), en travaillant le galuchat ou en créant un style de boutiques aujourd'hui ouvertes dans vingt des plus belles villes du monde… Mais je serais aussi tenté d'avouer que tout commence pour de Grisogono. Si nous avons beaucoup progressé dans le domaine horloger, nous n'en sommes qu'à l'aube de notre vie de vraie manufacture genevoise indépendante. En plus de notre design original, nous disposons désormais de complications exclusives et bientôt de notre propre mouvement. Pour moi, les choses sérieuses ne font que commencer dans l'horlogerie: les pièces que nous présentons cette année éclairent les ambitions dont nous sommes porteurs. Si nous voulons jouer, c'est au plus haut niveau et dans la cour des plus grands!»

 

Tribune des Arts - No360 - Avril 2008

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