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Bientôt, une nouvelle idée séduit tant le public de la marque de Grisogono que l'ensemble de l'industrie du luxe: le mariage du galuchat, des pierres précieuses et du savoir-faire horloger. Répondant à son besoin constant de créativité, Fawaz Gruosi adopte rapidement cette matière insolite issue du fond des mers. En 2000, il l'associe à ses créations horlogères avant de la marier, quelques années plus tard, à la joaillerie. Terme technique donné par les ébénistes aux peaux de squales et de raies pastenagues, le galuchat offre des possibilités artistiques particulièrement étendues. Son utilisation remonte fort loin dans l'histoire. En Europe, les premières traces d'emploi de peau de raie et de requin remonteraient au XVe siècle. Certains écrits affirment qu'on en couvrait des boîtes ainsi que les poignées des dagues et des épées. Le galuchat doit en réalité son nom à Jean-Claude Galluchat, maître gainier du roi Louis XV, qui fut le premier en France à utiliser ce cuir exotique pour habiller les objets les plus précieux. Mais c'est en Extrême- Orient que l'on trouve les premiers objets gainés de peaux de poisson. En effet, dès le VIIIe siècle, les maroquiniers du Japon, de Corée, de Chine ou encore du Tibet parent de cette matière mystérieuse coffres, écrins de médecins et autres plastrons et fourreaux. Avec son grain métallique et son relief perlé, le galuchat passionne les plus grands décorateurs d'intérieur. L'idée vient à Fawaz Gruosi de s'en servir pour embellir le corps de femmes raffinées. Colliers, bracelets et pendants d'oreilles, d'une tenue remarquable, sont dès lors façonnés dans ce cuir à relief, étincelant, et ornés de diamants, d'émeraudes et autres pierres précieuses. Grâce à son éclat, le galuchat devient également le bracelet préféré des garde-temps féminins conçus par de Grisogono. Un succès immédiat car insolite, sur lequel rebondiront de nombreux acteurs de la branche de la haute horlogerie. En 2007, la marque devance à nouveau les tendances en créant une collection de bracelets en galuchat. Misant sur l'extravagance et les couleurs, cette ligne défie tous les codes en déclinant sur ce cuir sophistiqué des têtes de mort, des poulpes, des éléphants et même des tortues, sertis de pierres précieuses.
Tribune des Arts - N° Hors série - Avril 2008
