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Vartan l'optimiste

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Le patron du groupe Franck Muller s'adapte à la crise...
Tribune de Genève - 5 février 2009 Gabriel Tortella Chronique_325244_0

Son principal souci, en période de haute conjoncture, a toujours été de trouver des mouvements fiables pour ses différentes marques, d'autant plus depuis que le Swatch Group a décidé de réduire ses livraisons d'ébauches il y a deux ans. Il y a donc longtemps qu'il essaie de fabriquer ses propres mouvements, mais les horlogers qualifiés étaient quasiment introuvables sur le marché… jusqu'au début de cette année. Vartan Sirmakes profite ainsi de la détente sur le marché de l'emploi pour réaliser son rêve de verticaliser totalement son groupe et de le rendre ainsi indépendant des fournisseurs extérieurs.

 

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Ce qui ne veut pas dire qu'il ne subit pas la crise, comme toutes les grandes marques. Lui aussi a réduit ses dépenses, renonçant ainsi à la grande fête qu'il offrait à 1500 Genevois durant le WPHH (World Presentation of Haute Horlogerie), en janvier. En revanche, il a fait d'une pierre deux coups en organisant un cocktail pour ses clients, en même temps qu'il ouvrait son magasin phare de la rue du Mont-Blanc.

En outre, lui qui a toujours été un bourreau de travail il s'investit encore plus dans son entreprise, s'occupant personnellement de la plupart de ses détaillants, souvent devenus des amis au fil du temps, afin de les soutenir durant cette période difficile.

Non seulement il leur offre des facilités de paiement, mais il les aide à gérer leur stock, travaillant même en flux tendu pour les montres compliquées et chères, essayant de limiter au maximum les délais de livraison. C'est ainsi qu'il avoue avec fierté que, compte tenu de la situation actuelle, le WPHH s'est plutôt bien passé avec, surprise, un retour en force des détaillants italiens. Ce qui est plutôt bon signe quand on sait que, depuis toujours, le marché italien annonce les tendances à venir.

Un succès qui a décidé Vartan Sirmakes à organiser un second WPHH fin mars début avril, en même temps que la Foire de Bâle. «Je n'aime pas trop voyager cela me permettra de revoir mes amis-clients», m'a-t-il expliqué. Il est donc plutôt optimiste tout en se faisant du souci pour les sous-traitants de l'horlogerie. Il m'a en effet démontré que les marques cherchant à réaliser des économies, risquent de se tourner vers des fournisseurs chinois. Un seul exemple: une boîte de montre de grande qualité, en acier, coûte à fabriquer, en Suisse, entre 250 et 300 francs, contre 45 francs en Chine. Et, honnêtement, on ne voit pas la différence. Quant aux critères régissant le «Swiss made», ils permettent parfaitement l'utilisation d'une boîte chinoise. Un danger réel pour les emplois en Suisse.

Alors que toute l'industrie horlogère serre les boulons, allant même parfois jusqu'à licencier du personnel, Vartan Sirmakes, le patron du groupe Franck Muller, diffuse un communiqué dans lequel il annonce qu'il est en train d'engager des horlogers. C'est vrai que mon ami Vartan n'a jamais voulu suivre les tendances. Il les précède plutôt. Mais là, il fait fort. Je l'ai donc rencontré pour lui demander les raisons de son optimisme. Et il m'a convaincu.