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Interpol contre les "Pink Panthers"

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Cette bande venue de l'Est a braqué plus d'une centaine de bijouteries depuis le début des années 2000.
Lexpress.fr - 13 mars 2009
Reuters

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Les représentants des polices de 16 pays concernés par la lutte contre les "Pink Panthers" se sont mobilisés à Monaco pour tenter de démanteler ce redoutable gang surarmé de pilleurs de bijouteries originaires des Balkans.

Pendant deux jours, mercredi et jeudi, Interpol et les représentants de ces polices ont mis en commun leurs informations sur cette bande qui a commencé à sévir d'abord en Europe, puis sur les cinq continents, au début des années 2000.

Originaires de l'ex-Yougoslavie, les Pink Panthers doivent leur sobriquet à Scotland Yard, qui les a baptisés ainsi après le braquage de la bijouterie Graff à Londres en 2003.

Selon Interpol, ils ont à ce jour à leur palmarès environ 120 attaques de bijouteries commises dans une vingtaine de pays. Leur butin est estimé entre 120 et 150 millions d'euros.

Composé de 200 membres environ, le fonctionnement de ce groupe de malfaiteurs est singulier.

Les Pink Panthers ne répondent à aucune espèce d'organisation pyramidale type mafia sicilienne. Au contraire, divisés en petits groupes extrêmement rapides et mobiles, ils préparent minutieusement leurs coups et agissent vite, à deux ou trois, sans avoir à rendre de comptes à un chef.

Ils adorent les montres de grande marque, qu'ils volent en priorité parce qu'elles sont faciles à revendre, surtout en Russie, mais ne dédaignent pas les pierres précieuses.

A Monaco, ils avaient fait main basse sur 500 000 euros de montres Audemart-Piguet.

"Le problème c'est qu'on ne connaît pas l'étendue de toutes leurs activités criminelles", indique Emmanuel Leclaire, directeur adjoint d'Interpol en charge des affaires criminelles et des trafics de drogues.

Des criminels d'envergure

"Les braquages de bijouteries de luxe, ça on sait que c'est leur terrain de prédilection, en revanche on n'arrive pas encore à savoir avec précision s'ils ne se livrent pas aussi au recel, au trafic de drogue, au trafic d'armes ou de faux papiers".

"Ce qui est sûr, c'est que ce sont des criminels d'envergure, des gens violents, surarmés et qui n'hésitent pas à tirer s'ils sont en difficulté, même s'ils n'ont encore tué personne", ajoute le policier.

Des enquêteurs venant notamment de France, de Suisse, d'Autriche, de Belgique, du Japon, des Etats-Unis, de Serbie et du Moyen-Orient ont donc échangé leurs fiches et données respectives sur ce gang.

Identités, photos, empreintes, modes opératoires, résultats d'enquêtes ont ainsi été mis en commun et ont permis de relier entre elles plusieurs attaques des Pink Panthers, même diamétralement opposées sur le plan géographique, et de cerner plusieurs de leurs auteurs.

A Monte-Carlo, après l'attaque de la bijouterie Ciribelli à l'été 2007, la police monégasque est parvenue à arrêter deux membres en repérage dans la principauté en vue d'un nouveau coup. Ils étaient déjà recherchés pour leur participation à des attaques de bijouteries en Suisse et à Dubai.

D'autres membres du gang ont été arrêtés et condamnés en 2008 pour une série de hold-up commis à Saint-Tropez, Cannes et Courchevel. Des coups de filets qui ont pu avoir lieu grâce à la collaboration des polices serbe et monténégrine.

Sur 200 membres, à peu près la moitié du gang a déjà tâté de la prison. Quarante d'entre eux sont toujours sous les verrous dans différents pays.

"Ils rentrent, ils sortent, c'est sans fin", précise André Muhlberger le directeur de la Sûreté publique de Monaco. "En général, ils ne sont pas très loquaces et il est à craindre qu'il sera impossible de tous les avoir un jour sous la main en même temps".