Pour François Thiébaud, président du comité des exposants suisses, la crise sonne la fin des extravagances.

A BaselWord 2009, qui vient d'ouvrir ses portes, les exposants suisses ont répondu présents plus que jamais. Pour François Thiébaud, le président du comité des exposants suisses, qui est aussi depuis treize ans le patron de Tissot, Baselworld revêt une grande importance.
– Y-a-t-il une baisse du nombre des exposants?
«On ne peut pas dire qu'il y ait une baisse du nombre des exposants en général. Ils étaient 2087 l'an passé, ils sont 2000 cette année. Il est vrai qu'ils ont annoncé leur présence dès la fermerture de Baselworld 2008. La conjoncture était encore bonne. Mais vous savez que l'on vit aussi d'espoir. Avec la venue du printemps, on se dit que les affaires vont reprendre gentiment. Je ne vous cache pas qu'il y a beaucoup d'attente et on ne veut surtout pas être déçu. Mais il ne faut pas se cacher que, certes, le salon de Bâle est incontournable, mais ce n'est pas lui qui va sauver l'horlogerie. J'estime qu'être simplement présent à Bâle est, en soi, un signe positif.»
– Et la présence suisse?
«On n'a pas enregistré de baisse, il y a eu juste quelques défections dans le secteur des perles et des pierres. Les exposants suisses sont au nombre de 453 contre 458 en 2008; ils sont 289 dans la seule branche horlogère, 42 dans la bijouterie et 122 dans les branches apparentées. C'est une belle représentation.»
– Comment se porte la montre?
«Selon les informations qui me parviennent et avant notre assemblée générale de juin, on dit que la situation est plus dure d'une façon générale. Mais il faut nuancer. En Europe, la situation est plutôt mitigée. Des pays comme la France et la Grande-Bretagne se portent plutôt bien, celle-ci surtout grâce à la 2000 exposants cette année contre 2087 l'an passé: un joli score qui projette une lumière d'espoir dans le ciel horloger pas si sombre que cela. chute de la livre qui permet d'acheter des produits meilleur marché. Tandis que l'Allemagne et l'Italie souffrent un peu. L'Espagne accuse une chute vertigineuse, de l'ordre de 40 à 50%, par suite de la crise immobilière. La Scandinavie affiche de bons résultats. Russie et Pologne vont plutôt bien, mais dans l'entrée et le milieu de gamme. En Asie, ça va plutôt bien, sauf à Taïwan et au Japon, qui souffre aussi dans ses exportations. Enfin, en Amérique, du nord au sud, cela ne va pas bien du tout. C'est là où la crise a commencé.»
– Quelles sont les tendances?
«Nous assistons àun retour des valeurs traditionnelles en horlogerie, à ce que j'appelle les fondamentaux, comme les mouvements mécaniques et une esthétique épurée. Il y a moins d'extravagance, plus de sensibilité et une attention particulière portée au détail. Ce qui est finalement un bien.»
Propos recueillis par Michel Bonel
A l'heure bâloise
L'heure, à Bâle, a longtemps été un objet de raillerie. Jusqu'en 1798, les horloges de la ville avançaient d'une heure par rapport aux pays voisins, parce que l'on ne comptait pas d'après l'heure entamée mais d'après l'heure écoulée. Si Bâle n'a jamais été vraiment un grand centre horloger, affirme Arnaud Tellier, directeur du Patek Philippe Museum, elle possède en revanche des collections qui soutiennent la comparaison avec Genève et La Chaux-de-Fonds, grâce à trois dons. Comme les 200 cadrans solaires de la collection Emanuel G. Sarasin-Grossmann, les 180 montres précieuses à rouages du docteur Eugen Gschwind et les 242 montres non mécaniques, grandes horloges, pendentifs, de poche et fantaisie, légués en 1982 par Carl Nathan- Rupp. Ne ratez surtout pas les 22 horloges de carrosse. Grandioses!
Baselworld 2009
Salon mondial de l'horlogerie et de la bijouterie
Centre de foires de Bâle
Jusqu'au 2 avril 2009.
Tous les jours, de 9 h à 18 h;
dernier jour, de 9 h à 16 h.
Tél. +41 58 206 25 25.
www.baselworld.com
Tribune des Arts - Mars-avril 2009 - No 370