A 86 ans, Hugh Hefner s'avoue toujours un grand amoureux. Retour sur un parcours atypique…
Tribune des Art - Septembre 2009
Michel Bonel
“ J'ai lancé Playboy en décembre 1953 à Chicago, mais c'est comme si je m'étais préparé toute ma vie pour ce moment-là. ” Hugh Hefner, le fondateur du toujours célèbre magazine, qui édite également une version française depuis 1973, a pourtant eu une éducation plutôt sévère, dans les règles de l'art.

En venant au monde, c'était le 9 avril 1926, il avait sur les épaules des origines puritaines qui remontaient à dix générations en arrière dans le Massachusetts. Ses parents étaient professeurs dans le Nebraska. Ajoutons-y un foyer méthodiste, typique du Midwest, où il a grandi en compagnie de son frère, Keith. Précisons qu'il servit dans l'infanterie pendant la Seconde Guerre mondiale et obtint son diplôme en psychologie, en 1949, à l'université d'Illinois. Autant de références qui ne conduisent pas forcément aux jeunes femmes dénudées, même un rien glacées, telles qu'on les aime chez Playboy.
Mais Hugh se révèle tout jeune comme un dessinateur effréné, ce qui faisait le désespoir de son institutrice qui convoquait régulièrement ses parents. Il adore les animaux, alors qu'à la maison, “ les marques d'affection n'étaient pas courantes. ” Au fond, son célèbre Bunny aux oreilles pointues, n'est qu'une compensation… Autant de prédispositions qui portent au romantisme qui l'a accompagné tout au long de sa vie. Et qui dénote également un tempérament amoureux qui fait feu de tout bois. Il tient d'ailleurs la chronique de ses aventures amoureuses dans une bande dessinée qu'il appelle School Daze, dessinant de nouvelles cases pour chaque conquête. Il se lance même quelque temps dans l'édition de romans-photos. Histoire de se faire la main. Entre-temps, il s'était marié au cours de l'été 1949. “ J'avais espéré que le mariage serait l'apogée de tous mes rêves romantiques, mais ce ne fut pas le cas. Je le découvris lors de notre lune de miel. Je pense que j'avais vu trop de films d'amour. ”
A la recherche des Petty Girls
Les silhouettes “ à moitié nues, aux corps fuselés, des beautés à brushing ” qu'il découvre dans le magazine Esquire, chez une copine, le font fantasmer. En 1951, il se retrouve au service promotionnel de ce même magazine. “ J'y écrivais les textes des abonnements pour 60 dollars par mois. Je faisais mon chemin dans la vie, bien que je gagnais toujours moins que les secrétaires de bureaux. ” Mais Esquire n'est pas du tout ce qu'il avait imaginé. “ Il n'y avait pas de Petty Girls là-bas! ” Suivent d'autres petits jobs, jusqu'à ce qu'il se décide à lancer Playboy alors qu'il n'avait “ pas un rond ”. Juste 600 dollars en poche. En empruntant à droite et à gauche, il réussit à se constituer un capital de 8000 dollars sur lequel il bâtit l'empire Playboy.
Le premier numéro ne portait pas de date. Hefner était persuadé qu'il n'y aurait pas de deuxième. Il se vendit pourtant à 50 000 exemplaires. Sur la couverture, Marilyn Monroe, qui fut ainsi la première Chérie du mois, rebaptisée par la suite, Playmate, sur la suggestion de sa femme, Millie. Ce fut une certaine Margie Harrison qui figura dans la double page centrale. Néanmoins, il fallut attendre juillet 1968 pour que la première Playmate montre son pubis. Au total, à ce jour, près de 700 femmes ont posé pour la Playmate qui est devenue une véritable institution en Amérique du nord. Le génie de Hefner est d'avoir associé le sexe à l'ascension sociale, estimait Paul Gebhard, de l'Institut Kinsey, à qui l'on demandait d'expliquer le succès de Playboy. En tout cas, pour Hugh Hefner, Playboy n'a jamais été un commerce mais “ une histoire d'amour ”.
Michel Bonel
“ J'ai lancé Playboy en décembre 1953 à Chicago, mais c'est comme si je m'étais préparé toute ma vie pour ce moment-là. ” Hugh Hefner, le fondateur du toujours célèbre magazine, qui édite également une version française depuis 1973, a pourtant eu une éducation plutôt sévère, dans les règles de l'art.

En venant au monde, c'était le 9 avril 1926, il avait sur les épaules des origines puritaines qui remontaient à dix générations en arrière dans le Massachusetts. Ses parents étaient professeurs dans le Nebraska. Ajoutons-y un foyer méthodiste, typique du Midwest, où il a grandi en compagnie de son frère, Keith. Précisons qu'il servit dans l'infanterie pendant la Seconde Guerre mondiale et obtint son diplôme en psychologie, en 1949, à l'université d'Illinois. Autant de références qui ne conduisent pas forcément aux jeunes femmes dénudées, même un rien glacées, telles qu'on les aime chez Playboy.
Mais Hugh se révèle tout jeune comme un dessinateur effréné, ce qui faisait le désespoir de son institutrice qui convoquait régulièrement ses parents. Il adore les animaux, alors qu'à la maison, “ les marques d'affection n'étaient pas courantes. ” Au fond, son célèbre Bunny aux oreilles pointues, n'est qu'une compensation… Autant de prédispositions qui portent au romantisme qui l'a accompagné tout au long de sa vie. Et qui dénote également un tempérament amoureux qui fait feu de tout bois. Il tient d'ailleurs la chronique de ses aventures amoureuses dans une bande dessinée qu'il appelle School Daze, dessinant de nouvelles cases pour chaque conquête. Il se lance même quelque temps dans l'édition de romans-photos. Histoire de se faire la main. Entre-temps, il s'était marié au cours de l'été 1949. “ J'avais espéré que le mariage serait l'apogée de tous mes rêves romantiques, mais ce ne fut pas le cas. Je le découvris lors de notre lune de miel. Je pense que j'avais vu trop de films d'amour. ”

A la recherche des Petty Girls
Les silhouettes “ à moitié nues, aux corps fuselés, des beautés à brushing ” qu'il découvre dans le magazine Esquire, chez une copine, le font fantasmer. En 1951, il se retrouve au service promotionnel de ce même magazine. “ J'y écrivais les textes des abonnements pour 60 dollars par mois. Je faisais mon chemin dans la vie, bien que je gagnais toujours moins que les secrétaires de bureaux. ” Mais Esquire n'est pas du tout ce qu'il avait imaginé. “ Il n'y avait pas de Petty Girls là-bas! ” Suivent d'autres petits jobs, jusqu'à ce qu'il se décide à lancer Playboy alors qu'il n'avait “ pas un rond ”. Juste 600 dollars en poche. En empruntant à droite et à gauche, il réussit à se constituer un capital de 8000 dollars sur lequel il bâtit l'empire Playboy.
Le premier numéro ne portait pas de date. Hefner était persuadé qu'il n'y aurait pas de deuxième. Il se vendit pourtant à 50 000 exemplaires. Sur la couverture, Marilyn Monroe, qui fut ainsi la première Chérie du mois, rebaptisée par la suite, Playmate, sur la suggestion de sa femme, Millie. Ce fut une certaine Margie Harrison qui figura dans la double page centrale. Néanmoins, il fallut attendre juillet 1968 pour que la première Playmate montre son pubis. Au total, à ce jour, près de 700 femmes ont posé pour la Playmate qui est devenue une véritable institution en Amérique du nord. Le génie de Hefner est d'avoir associé le sexe à l'ascension sociale, estimait Paul Gebhard, de l'Institut Kinsey, à qui l'on demandait d'expliquer le succès de Playboy. En tout cas, pour Hugh Hefner, Playboy n'a jamais été un commerce mais “ une histoire d'amour ”.
