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Navitimer - Breitling

La montre de pilote ? Une Breitling Navitimer ! Son nom cache difficilement son orientation : il est la contraction de Navigation et Timer. La pièce, sur bracelet cuir, a été créée en 1952. Elle n’arrive pas de nulle part, bien au contraire. Depuis 1884, Breitling est déjà une institution du chronographe, avec des pièces dédiées à la plupart des sports mécaniques (comme l’automobile), physiques (courses de vélos, très en vogue au début du siècle, courses à pied) mais aussi des pratiques professionnelles, aussi bien à l’attention des médecins (les célèbres pulsographes) que des chronographes à usage militaire. C’est à la suite de cette longue lignée que la Navitimer prend place. Elle est, elle aussi, un chronographe et s’inscrit, en ce sens, dans le droit fil des autres collections de Breitling, aux rangs desquelles le célèbre Chronomat.

Une règle, des calculs

Ce qui marqua d’emblée la singularité de la Navitimer est sa règle à calculs. Elle est un véritable instruments pour pilotes professionnels – un positionnement dont s’inspira d’ailleurs la maison pour son adage ultérieur, « Breitling, Instruments for Professionals ». Avec leur règle à calculs, les pionniers d’une aviation professionnelle naissante, notamment en long courrier, pouvaient résoudre toutes les opérations liées à la navigation aérienne sans outils : taux de consommation, temps de montée, conversion miles/miles nautiques/kilomètres, etc. Cette règle, parfaite, développée en 1952 n’a jamais été modifiée depuis. Il n’y a donc aucun hasard si, dès les premiers modèles de Navitimer, la célèbre AOPA (Aircraft Owners and Pilots Association) accepta d’y faire figurer son logo – plus qu’une reconnaissance, une consécration !

 

Deux calibres d’exception

Dans les années 50, Breitling n’était pas encore la manufacture que l’on connaît aujourd’hui. Ses mouvements étaient fournis par les plus grandes maisons de l’époque. Un certain nombre d’entre elles réalisaient d’ailleurs leurs mouvements suivant les propres spécifications de leurs clients. C’est notamment en ce sens que Breitling fut l’inventeur du premier poussoir indépendant de chronographe sur une montre bracelet, en 1915.

La maison perfectionna ce système quelques années plus tard, en 1923, en dissociant les deux commandes du chronographes en deux poussoirs distincts : marche-arrêt et remise à zéro. C’est ensuite que la célèbre maison Venus fournit à Breitling les premiers mouvements de sa Navitimer, le Venus 176, lequel sera suivi du Valjoux 72. Ces deux modèles historiques sont aujourd’hui des collectors extrêmement recherchés.

De la Terre à la Lune

Par la suite, son succès fut assuré par ses ambassadeurs et grâce à un excellent marketing développé par publicitaire suisse Georges Caspari, qui accompagna Breitling de nombreuses années et développa pour elle nombre de ses standards de communication – à commencer par le jaune identitaire de la marque.

En développant des campagnes ciblées destinées à des groupes de pilotes et en demeurant le fournisseur privilégié de l’aviation commerciale en plein essor, la demande explosa. Breitling était notamment fournisseur de chronomètres de bord de certains Boeing. Le vol orbital de la capsule Aurora 7 de la NASA, avec l’astronaute américain Scott Carpenter qui portait une Breitling Navitimer au poignet, fit de ce modèle le premier chronographe-bracelet à voyager dans l’espace. Le mythe était né et cette montre devint culte. La Navitimer Cosmonaut vit le jour à cette occasion, distinguée de son aînée par un cadran mesurant l’heure sur 24 heures afin de permettre aux cosmonautes, plongés dans des cycles circadiens irréguliers, de pouvoir distinguer le jour de la nuit.

Lorsque la montre automatique s’est généralisée, Breitling transposa cette évolution à sa célèbre Navitimer et proposa dès 1969 le premier chronographe automatique de l’histoire de l’horlogerie, animé par le célèbre Calibre 11.

Une époque de transition

Les années 1970 virent arriver les mouvements à quartz, un véritable raz de marée que Breitling reprit à son compte avec des Navitimer à affichage digital. La marque traversa sans fard les deux décennies suivantes jusqu’à ce que la montre mécanique reprit les devants de la scène. La Navitimer s’arrogea alors le plus célèbre chronographe mécanique de l’époque, le célèbre Valjoux 7750. Il prit place dans l’immense majorité des Navitimer jusqu’à ce que Breitling franchisse un cap décisif de son histoire : devenir à son tour une manufacture totalement intégrée, capable de produire son propre chronographe mécanique. Cette position, très rare dans l’industrie, prit forme avec le sobrement nommé B01, premier chronographe de la nouvelle Manufacture Breitling. Il est encore en usage actuellement et décliné en plusieurs versions et complications (date, flyback) qui en font une pierre angulaire de la chronométrie moderne.

Une nouvelle ère ?

Récemment reprise par un pool d’associés réunis autour de Georges Kern, Breitling prend le parti de replonger dans ses racines historiques. C’est une nouvelle étape dans la marche de la manufacture, un destin qui l’emmène au-delà de ses racines aéronautiques pour se confronter à la terre mais aussi à la mer avec, à la clé, un repositionnement de certains de ses prix. Si les caractéristiques des Navitimer restent identiques, avec des modèles de collections historiques qui restent invariables (certification COSC, règle à calculs, boîte acier inoxydable, bracelet cuir), l’avenir de Breitling se voudra encore plus riche et créatif, plus proche de ses sources.

 

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