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Audemars Piguet Royal Oak

La Royal Oak est devenue un mythe de l’horlogerie contemporaine mais beaucoup ont oublié son histoire originelle. Derrière ce nom se cache une anecdote datée de presque 500 ans. Le Royal Oak est le nom d’un chêne britannique. C’est en son tronc que le roi Charles II d’Angleterre se cacha une journée afin de fuir ses ennemis, les Têtes-Rondes, après la bataille de Worcester en 1651. Cette lutte historique opposa les royalistes qui prônaient le système monarchique face aux « Tête-Rondes », partisans du Parlement d’Angleterre. Ce jour est resté dans la tradition britannique et se célèbre tous les 29 mai. 

Inspiration nautique

Si Audemars Piguet en a repris le nom, ce n’est pas tant pour cette anecdote mais pour l’usage qui fut fait par la suite du nom « Royal Oak » : de nombreux navires de guerre britanniques ont porté ce nom « Royal Oak ». Dans l’histoire, on dénombre au moins huit navires de guerre de la Royal Navy baptisés « HMS Royal Oak ». La montre ainsi nommée, Royal Oak, ne tire pas son patronyme tant de l’épaisse armure de ces croiseurs des mers que de l’inspiration nautique des casques de plongée. 

C’est un homme, designer, qui fit ce rapprochement entre les casques traditionnels de la plongée, avec leurs larges hublots à boulons et la montre que l’on connaît aujourd’hui. Cet homme, Gerald Genta, a profondément marqué l’histoire de l’horlogerie moderne. Lorsqu’il dessine la Royal Oak en 1972, protégée par deux brevets, il pose ni plus ni moins que les bases de ce que l’on appelle aujourd’hui la montre sport-chic, une catégorie horlogère qui n’existait pas alors. C’est, pour Genta comme pour les centaines de modèles ultérieurs qu’il inspira, la combinaison d’une élégance raffinée avec la robustesse de boîtiers et matériaux prêts à les faire participer à toutes les aventures. C’est, aussi, l’emploi privilégié de complications sportives, aux premiers rangs desquelles le chronographe, qui sera suivi par des tourbillons, répétition minute, dual time, date, avec boites en titane, or rose, etc. 

Ainsi sont nées les montres sport chic, des montres de sport dont le prix était celui de montres de luxe, notamment grâce à des mouvements de qualité équivalente. Les modèles de ces montres chronographes allaient devenir de plus en plus nombreux avec le temps, les références se multipliant, recevant de multiples prix pour leur esthétique comme leurs performances techniques. 

En ces collections, il ne fut jamais fait de concession sur le mouvement (jamais  de quartz), sur la robustesse du boitier – un boitier souvent généreux pour faciliter la lecture du cadran – et auquel était intégré un bracelet non moins robuste. Souvent, le bracelet de ces chronographes était en acier, comme le boîtier. Ces choix de collections n’auraient certainement pas trouvé grâce aux yeux de Jules Audemars ou d’Edward Piguet et de leurs précieuses répétitions minutes, calendriers perpétuels ou tourbillons mais c’est à ce prix que les montres sport chic, incarnées en de multiples modèles, ont pu voir le jour, sans jamais basculer du côté des mouvements à quartz. 

 Multiples ruptures

La rupture est donc forte. La lunette octogonale à pans coupés de la Royal Oak tranche avec les standards ronds de l’époque. Les courbes sont remplacées par des angles vifs et saillants. Son cadran est lui aussi l’expression d’une singularité inédite : la Royal Oak affiche un cadran d’un bleu exclusif exprimé au travers d’un motif « Tapisserie ». La rupture est aussi au niveau du tarif : pour imposer sa création, Audemars Piguet propose sa Royal Oak en boîtier acier au prix de plusieurs montres en or ! Un tarif improbable...

Pour justifier ce prix, la manufacture s’emploie à y appliquer ce qu’elle fait de mieux depuis un siècle : des finitions de haute horlogerie, telles celles pratiquées par Jules Audemars et Edward Piguet en leur temps. La finition est donc l’une des clés des tarifs de la Royal Oak, finition appliquée aussi bien au mouvement qu’au boîtier, en acier comme en or rose. Sportive, acérée, moderne, nerveuse, la Royal Oak n’en est pas moins un véritable garde-temps de Haute Horlogerie fini selon les plus hautes exigences d’une manufacture séculaire. Enfin, dernière rupture, de construction cette fois : un bracelet acier totalement intégré, effaçant les cornes au profit d’une ligne non brisée entre le profil de la carrure, de la lunette et les forts maillons du bracelet.

Si la Royal Oak apparaît aujourd’hui comme une évidence, cela n’a pas toujours été le cas, notamment à son lancement. Audemars Piguet a dû patienter presque trois ans avant que son modèle ne s’impose. Il n’en est pas moins, depuis plus de 45 ans, l’archétype de la montre sport chic et qui n’a jamais subi la moindre interruption de production.

Depuis, plusieurs montres à complications sont venues enrichir les collections, avec de nouvelles versions avec calendrier perpétuel ou tourbillon, dual time, date, associées ou non à un chronographe. Tous les modèles bénéficient de mouvements manufacture, battant les heures et minutes avec la précision due à une grande manufacture d’expérience séculaire spécialisée dans les mouvements de haute horlogerie depuis sa première année. 

La Royal Oak prend le grand large

Celle-ci s’est renouvelée en une occasion : vingt ans après la création du modèle original, en 1993 Audemars Piguet a dévoilé la Royal Oak Offshore. Avec les 42 mm de diamètre de son boîtier, la première Royal Oak Offshore est une pionnière des montres-bracelets de grand format. Elle a depuis établi les dimensions généreuses de son boîtier en véritable référence des tendances actuelles. Si l’acier demeure son métal de prédilection, la Royal Oak Offshore est porteuse de nombreuses innovations dans le domaine des matériaux (titane, or rose). Elle conserve un certain nombre des attributs de son aînée, notamment le motif Tapisserie de son cadran et la lunette octogonale. Ses imposants protège-poussoirs fixés à la boîte par quatre vis renforcent la robustesse et l’allure puissante de ce modèle de chronographe toujours auréolé de nombreux prix pour la finition et la précision de ses mouvements. 

Aux frontières du possible

Destructurer pour mieux restructurer : tel pourrait être le credo du troisième pilier de la Royal Oak. Après le modèle originel, la version Offshore, Audemars Piguet a créé avec la Royal Oak Concept une collection qui s’empare de la Haute Horlogerie du XXIe siècle. Céramique, carbone, complications hors norme et cadran squelette sont quelques uns des attributs des modèles Concept qui, tous, repoussent les limites de l’horlogerie moderne. Tourbillon volant, Dual Time et chronographes manufactures prennent ainsi place aux côtés de l’impressionnante Supersonnerie, une imposante répétition minutes de 44 mm, en titane, dont les performances acoustiques, la qualité sonore d’une justesse exceptionnelle et la clarté harmonique posent de nouveaux jalons dans l’art des grandes complications d’exception. 

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