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Concours d'observatoire

Compétition dans laquelle sont récompensés les meilleurs résultats. Les concours d'observatoires permettaient de récompenser les meilleurs résultats de réglages.L'observatoire astronomique de GenèveIl est créé en 1772 par Jacques-André Mallet en partie à ses frais. A son décès en 1791, Marc-Auguste Pictet en devient le directeur. C'est vers 1790/1792 que sont instaurés les premiers concours de réglage, sous l'égide de la Société des arts de Genève, avec la création d'un prix de la meilleure montre courante. Le premier règlement stipule que la montre doit régler à plus ou moins une minute par jour. Dix-neuf pièces sont déposées mais aucune n'obtient de prix. Le règlement est revu à plus ou moins deux minutes par jour. Le 16 décembre 1816, deux prix sont proposés pour le concours de réglage dont un pour les chronomètres de marine mais ce n'est que le 31 décembre 1818 que le concours s'ouvre avec uniquement deux montres ! Le 2 mars 1819, l'horloger genevois Antoine Tavan reçoit le prix. En 1819, Alfred Gautier est nommé directeur. En 1829, un nouvel observatoire est construit. Jusqu'en 1874, tout se passe de façon empirique, le fabricant étant libre de déposer son chronomètre à la date et pour la période de son choix. L'année 1874 voit une refonte complète des règlements de l'Observatoire astronomique de Genève qui marque la véritable naissance de ces concours. Comme ceux des autres observatoires européens, ces concours ont une action déterminante sur l'évolution de l'horlogerie de précision. Détermination des longitudes, chronométrie, concours d'observatoire et " poinçon de Genève "Avec l'invention du spiral réglant, en 1675, l'horlogerie peut prétendre au statut de science exacte. Si l'amélioration du réglage des garde-temps devient, au début du XVIIIe siècle, une chose évidente il n'en demeure pas moins que la quête de la précision absolue ne faisait que commencer.L'importance de la précision des horloges et des montres était primordiale car celles-ci une fois embarquées sur un navire, permettaient de déterminer la longitude, soit de se situer au milieu des océans. Les nations maritimes de l'époque, (Angleterre, Espagne, France et Hollande) étaient atterrées par les désastres dus à des erreurs de longitude. Plus que les pertes humaines, les bateaux et leurs précieuses cargaisons étaient déplorés. Par exemple, la fin de l'escadre de Sir Cloudesley Shovel (1650-1707) qui se jeta sur les îles Scilly (ou Sorlingues) alors qu'il croyait entrer dans la Manche (1707) fit tant de bruit que quelques années après le Parlement anglais mis au concours " toute méthode capable de déterminer la longitude en mer " avec à la clef une prime de 10'000 Livres Sterling pour un résultat n'excédant pas 1 degré d'erreur, 15'000 Livres Sterling pour 40 minutes* et 20'000 Livres Sterling pour ½ degré et moins (cette dernière somme équivaudrai aujourd'hui à 20 millions d'Euros ou de Dollars !). C'était le fameux concours de la reine Anne de 1714.A Londres, les travaux de Henri Sully (1680-1729), de George Graham (1673-1751) et de John Harrison (1693-1776) marquèrent le début du XVIIIe siècle. C'est en 1735 que Harrison, avec son horloge " H 1 ", remportait le concours mais il lui fallu attendre 1751 afin d'obtenir la première partie de la prime offerte avec la réalisation d'un quatrième chronomètre et 1773 pour obtenir, grâce à l'appui du roi George III (1738-1820), la seconde moitié de celle-ci pour son cinquième chronomètre. Notons également qu'en 1757, à Londres, Thomas Mudge (1715-1794) mis au point la première montre dotée d'un échappement à ancre qui sera par la suite universellement employé en horlogerie.En France, les horlogers étaient également très concernés par ce problème des longitudes. En 1766, à Paris, Pierre Le Roy (1717-1785) présentait son premier chronomètre. Celui-ci était construit sur des principes tout à fait nouveau qui sont restés à la base de la chronométrie moderne (échappement libre, spiral " isochrone ", balancier auto compensé muni de masses réglables et compensatrices, compensation rectiligne au mercure). Il proposait également un balancier avec serge bimétallique et établissait la " règle de Pierre Le Roy " d'après laquelle il existe, pour chaque spiral, une longueur qui le rend isochrone. Son grand rival, Ferdinand Berthoud (1727-1807), achevait, en 1768, la première de ses pièces marines qui ait donné la longitude et inventait également un balancier compensé. En 1770, Pierre Le Roy obtenait les deux prix successivement offerts par l'Académie royale des sciences pour " la meilleure manière de mesurer le temps en mer ".En 1772, John Arnold (1736-1799) de Londres construisait le premier balancier à lame bimétallique compensateur - selon les principes de Pierre Le Roy - et modifiait avantageusement, en 1790, l'échappement à détente ressort. Un autre horloger anglais, Thomas Earnshaw (1749-1829) développait un chronomètre de marine si perfectionné que son principe de base resta inchangé jusqu'à l'avènement des horloges à quartz. La rivalité de ces deux horlogers était aussi grande que celle de Le Roy et de Berthoud.Si la chronométrie de marine se développa en Angleterre au XIXe siècle au point de devenir une véritable industrie, en France, naissait également une production importante sous la férule du neveu et élève de Ferdinand Berthoud, Pierre-Louis Berthoud (1754-1813) qui inventa un échappement à détente pivotée et mis au point un calibre de chronomètre.Le " Siècle des lumières " fut l'époque ou l'on jugeait les chronomètres " à la mer " en de longs et périlleux voyages. Le XIXe siècle fut celui des concours de précision au sein des observatoires astronomiques qui permettaient de tester scientifiquement plusieurs chronomètres à la fois selon des règles et des périodes déterminées. On s'appliqua ainsi à créer des procédés d'analyse statistique permettant de traiter la multitude de données numériques résultant des épreuves, un seul paramètre ou un petit groupe de chiffres devant caractériser avec précision l'exactitude de la marche du garde-temps. Ces données varièrent avec le temps, elles devenaient de plus en plus exigeantes avec les progrès de la science et de l'art horloger.Dès 1766, l'Observatoire royal de Greenwich, près de Londres, avait organisé les premiers concours de réglage. En 1823, l'Amirauté britannique instaure un concours avec des primes de 300, 200 et 100 Livres Sterling, en espérant ainsi acquérir pour sa flotte les meilleurs chronomètres. De même en France, la Marine royale paie 2400 Francs les chronomètres primés.En 1790 et 1792, débutait à Genève les premiers concours de précision entre chronomètres. En 1816, l'Observatoire astronomique de Genève instaurait un concours de réglage qui permettait également de tester des chronomètres de poche mais le caractère sporadique de la tenue de ces compétitions fit qu'on y attachait assez peu d'importance. Il faudra attendre 1873 pour voir le début des concours chronométriques annuels. Le bien fondé de ces compétitions et le rayonnement international qu'elles pouvaient amener au développement de l'industrie horlogère avait été compris.Ces concours auxquels les montres Patek Philippe participèrent avec un succès remarquable, ne tardèrent pas à prendre une grande importance tant sur le plan national que sur le plan international.En 1879, à l'Observatoire astronomique de Genève, le degré de perfection des montres était apprécié par un système de points définitivement fixé par Émile Plantamour (1815-1882), directeur de l'observatoire. Ce système, avec des prix (1er, 2e et 3e prix puis mention honorable ou pas) et des classes différentes (chronomètre de marine, de bord ou de poche avec ou sans complications), fut suivi, en 1884, par le concours de l'Observatoire astronomique de Kew (plus tard au National Physical Laboratory de Teddington) en Grande-Bretagne, et, en 1885, par celui de l'Observatoire astronomique de Besançon, en France. Les concours des observatoires de Neuchâtel, de Hambourg et de Washington jouissaient également de la plus grande reconnaissance. Malheureusement, on ne réussit jamais à uniformiser les épreuves entre les pays, de sorte qu'il est impossible, aujourd'hui, de comparer leurs résultats. Outre le fait que les classements étaient publiés dans des organes officiels, les gardes-temps primés recevaient un " Bulletin officiel de marche " et des médailles d'or, d'argent ou de bronze.Dans les années 1884 et 1895, la maison Patek Philippe réussit à remporter le prix de série pour les cinq meilleures montres de poche. De 1900 à 1939 - année où l'on célébra les cents ans d'existence de la firme - celle-ci ne gagna pas moins de 764 prix à Genève, 187 étant des premiers prix ; il s'agissait de plus de la moitié des distinctions accordées durant cette période.La firme genevoise n'hésitait pas a concourir dans les observatoires étrangers. Ce fut le cas notamment dans les années 60, ou la manufacture reçu la plus haute distinction anglaise, le " Craftmanship Test ", instauré en 1951. Seules douze montres peuvent se targuer de la posséder, la montre de poche avec tourbillon Patek Philippe, N° 198'423, ayant en plus le meilleur résultat jamais obtenu. Avec l'avènement des montres à quartz, les tests de l'Observatoire de Genève furent interrompus en 1967.Aujourd'hui seul le COSC (Contrôle Officiel Suisse de Chronométrie) effectue des contrôles de marche et délivre des " Bulletins ".Par une loi du 6 novembre 1886 sur les contrôles de la marche des montres de poche à l'Observatoire de Genève, on fixa les conditions, attestées par un poinçon officiel, dans lesquelles on appliquait à certaines montres la " qualité de Genève ". Ce poinçon a la même valeur qu'un " Bulletin officiel de marche " et permet de qualifier la montre de " chronomètre ". Après quelques amendements et compléments en 1891, 1931 et 1955, rendus nécessaires par les progrès de la technique, le règlement concernant le contrôle des montres mécaniques reçu sa forme définitive le 5 avril 1957.