8 mai 2009
Louis Nardin

Basée à Glovelier dans le canton du Jura, la société Biwi s'est faite un nom dans l'univers horloger avec ses composants en caoutchouc, principalement les bracelets et les joints o-ring. Aujourd'hui, elle creuse encore son avance en décrochant l'exclusivité pour la bijouterie et l'horlogerie du Kalrez, un élastomère à très hautes performances utilisé jusqu'ici dans les domaines de pharmacie, de l'aérospatiale et de l'aéronautique. Techniquement, les premières pièces pourraient quitter les ateliers d'ici quatre mois déjà.

Développé par la filiale DuPont Performance Elastomers, le Kalrez est un vrai produit de luxe puisqu'il coûte 6'000 francs suisses le kilo. Pour ce prix, il présente des qualités techniques de premier ordre: résistance à la chaleur, aux UV, à l'ozone, à plus de 1'800 agents chimiques, aux huiles et aux températures basses.
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Avec le Kalrez, l'horlogerie dispose désormais d'un matériau souple de haut standing © Biwi SA


Les matières issues de la recherche technologique se profilent toujours plus comme des substances nobles au même titre que l'or voir même le platine. Que l'on pense, par exemple, aux coûts et aux difficultés posées par la fabrication de l'Alusic, un alliage ultra résistant et léger utilisé par Richard Mille dans son modèle RM 009, ces fils de la technologie ont donc tout des substances précieuses traditionnelles. Reste que jusqu'ici, l'intérêt allait en priorité aux substances dures. Grâce à sa souplesse, le Kalrez élargit ce spectre. Sa venue devrait donc déboucher sur la création de montres et de bijoux toujours plus cohérents dans cette recherche d'alliances entre matières modernes de haut vol. Et il participera à lier toujours plus le luxe, parfois conservateur, à l'innovation technique.