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Breguet - L'Héritage

Breguet L'Héritage

Cet article du magazine Le Quai de l'Horloge, publié avec l'aimable autorisation de Breguet, décrypte la collection L'Héritage de Breguet.

En raison de la domination absolue des boîtiers ronds, il est tentant de penser que les premières montres-bracelets incarnaient déjà un hommage au cercle et que leurs variations géométriques, généralement appelées « boîtes de forme », n’ont vu le jour qu’à des époques ultérieures. S’il est facile d’adhérer à cette croyance, il n’en demeure pas moins qu’elle est erronée. En réalité, la toute première montre-bracelet fut tenue sur les fonts baptismaux dans un boîtier dit « de forme ». Il s’agit de la Breguet nº 2639, commandée le 8 juin 1810 par Caroline Murat, reine de Naples, qui fut achevée le 21 décembre 1812 et vendue au prix de 5000 francs. Dans les archives de Breguet, cette nouveauté mondiale figurait sous la description « répétition oblongue pour bracelet ».

La vérité historique requiert une précision : le garde-temps de la reine de Naples était en avance d’un bon siècle sur son temps, car les montres-bracelets ne sont réellement devenues populaires qu’au cours des années qui ont suivi la Première Guerre mondiale. Elles se sont dès lors présentées sous une forme ronde et elles ont presque immédiatement bénéficié d’une faveur plus grande que les montres de poche. Toutefois, les boîtiers de forme n’ont pas tardé à faire leur apparition, même si leur nombre est demeuré plus réduit – une observation qui n’a rien perdu de sa pertinence de nos jours. 

The Breguet l'Héritage collection

À cet égard, amateurs et connaisseurs oublient souvent que la réalisation d’une montre-bracelet dotée d’un boîtier de forme comporte une série de défis supplémentaires par rapport à la fabrication d’une boîte ronde plus commune. Tel est notamment le cas si la montre est destinée à arborer un cadran de style Breguet dont le guillochage est exécuté à la main. Les difficultés liées à la confection de tels cadrans se comprennent plus aisément à préciser que les cadrans de forme se répartissent en trois catégories : ceux qui ne sont pas ronds mais sont néanmoins plats, ceux qui sont courbés dans une seule direction (généralement de 12 à 6 heures) et ceux qui sont courbés dans les deux sens (de 12 à 6 heures et de 9 à 3 heures). Les cadrans courbés dans les deux directions sont fréquemment appelés « sphériques » ou « bombés ». À l’évidence, les deux derniers types sont les plus complexes et, de ce fait, les plus délicats à réaliser. C’est précisément le cas de la collection Héritage de Breguet, qui est dotée de boîtiers de forme tonneau. Ainsi, tous les modèles de la ligne possèdent des cadrans bombés, à l’exception d’un seul qui ne présente de courbure que dans une seule direction. 

Le travail de guillochage à la main, tel qu’il est pratiqué par Breguet, incarne un remarquable savoir-faire horloger. Dans le plus profond respect d’une tradition née il y a deux siècles dans l’atelier d’Abraham-Louis Breguet, le fondateur de la marque, les artisans qui sont à l’œuvre dans la manufacture Breguet de la Vallée de Joux recourent à ces techniques historiques et mènent ainsi leur labeur à bien de manière manuelle. Monté sur une machine à guillocher classique, l’outil de coupe est contrôlé manuellement par le guillocheur. La première main imprime un mouvement giratoire au disque en or du cadran alors que la seconde applique la pression requise en sorte que le burin grave délicatement la surface du motif guilloché désiré. Le dessin lui-même prend progressivement naissance alors que la came en rotation déplace la pointe du burin dans les différentes directions et que le disque du cadran tourne face à elle. Cet exercice complexe ne laisse aucune marge à l’erreur. Si la pression exercée par la main sur la pointe du burin n’est pas parfaitement constante, l’ornementation ne sera pas égale et le cadran sera impitoyablement rejeté. De la même manière, si la vitesse de rotation contrôlée par l’autre main varie ou si elle est interrompue pendant l’exécution d’un motif, la gravure se présentera également sous un jour inégal et le cadran sera une fois encore refusé. Aussi, une minutieuse précision est nécessaire pour réaliser chaque cadran. La disposition du dessin et ses dimensions doivent correspondre à un plan précis afin qu’il s’adapte au mouvement et à ses aiguilles. Imaginez simplement que le motif dévolu à une indication, qu’il s’agisse de l’affichage de la date ou de la réserve de marche, ne se trouve pas exactement à l’endroit prédéterminé par la construction du mouvement. Ces exigences sont extrêmes et seuls les guillocheurs qui conjuguent un exceptionnel talent à une longue expérience sont en mesure de confectionner un cadran Breguet.

The tourbillon movement in the Breguet l'Héritage collection follows the shape of the case

Cette description de l’art du guillochage s’applique à tous les cadrans, qu’ils soient plats ou bombés, et les premières étapes pour guillocher un cadran bombé ne s’écartent pas des pratiques mises en œuvre pour les cadrans plats. Pour les modèles courbés dans une seule direction, le cadran est plat au moment où il est placé sur la machine et les guillocheurs exécutent leur travail comme ils le font sur un cadran plat traditionnel. Pour parvenir à la forme incurvée désirée, le cadran sera courbé – dans une seule direction – après avoir été décoré. Ce processus est particulièrement délicat, car il convient d’ajuster l’intensité de la courbure aux exigences posées par le mouvement et le boîtier.

Cependant, la situation est incomparablement plus complexe avec un cadran sphérique ou bombé, car il est hors de question de guillocher un cadran plat pour lui imprimer une forme bombée à l’issue de ces travaux d’ornementation. La précision de la forme et son insertion ultérieure dans le boîtier ne pourraient être assurées. Aussi incombe-t-il au guillocheur de créer à la main le motif guilloché sur une surface sphérique. Pour comprendre l’étendue du savoir-faire indispensable à la décoration d’un cadran bombé, représentez-vous en maître-guillocheur. Comme pour un cadran plat, l’une de vos mains sera entière ment occupée à tourner le cadran sur la machine. Souvenez- vous que la vitesse de rotation doit demeurer parfaitement constante. La moindre hésitation, la plus minime saccade ruinerait le travail en cours. Votre autre main, celle qui presse la pointe du burin sur la surface en rotation, doit désormais accomplir une tâche notablement plus ardue que si le cadran était plat. En effet, si vous maintenez votre burin à la même hauteur, la surface du cadran se rapprochera et s’éloignera de la pointe du burin au fur et à mesure de la rotation du cadran (sauf naturellement si vous tracez un cercle radial sur le cadran). Pis encore, comme la pointe du burin est également déplacée d’avant en arrière par les cames de la machine pour réaliser un motif ornemental, d’autres changements de position se produiront sur la surface de la sphère, en éloignant ou en rapprochant le point de contact de la pointe du burin.So how does the guillocheur delicately carve the pattern, always with a constant depth of the cuts, if the surface upon which he is working is constantly changing its distance from the tip of the cutting tool? The answer is two fold: sight and feel. Always watching the cutting through a microscope the guillocheur examines the fine filigrees of gold that are being cut away from the surface of the dial. 

The hand engine-turned dial of the Breguet L'Héritage

Comment le guillocheur peut-il graver délicatement le motif, en conservant une profondeur constante de coupe, si la distance entre la pointe de l’outil et la surface sur laquelle il travaille se modifie continûment ? La réponse tient en deux mots : voir et sentir. Tout en observant la gravure à travers un microscope, le guillocheur examine le fin fil d’or qui est découpé de la surface du cadran. Grâce à son œil expérimenté, il peut réguler la pression exercée sur la pointe du burin et confectionner des fils d’or aux dimensions rigoureusement identiques – ni plus fi ns, ni plus épais. Le second sens utilisé pour cette opération, le toucher, lui permet de percevoir la profondeur de la gravure pratiquée par la pointe du burin et ainsi ajuster la pression appliquée par la main pour compenser les changements de position de la surface bombée. Seule une poignée de maîtres artisans dans le monde sont en mesure de relever ce défi. Et ce nombre est tellement réduit que Breguet était et demeure la seule manufacture horlogère qui a toujours offert des collections de montres dotées de cadrans guillochés de forme sphérique.

Si vous vous passionnez pour l’art de l’horlogerie, vous vous souviendrez certainement des boîtiers pour montres de poche à la forme légèrement arrondie qui arboraient des décorations guillochées. En ce cas, les motifs guillochés graves sur la partie latérale de la boîte répondaient à un usage pratique, car ils servaient à dissimuler les marques de doigts ! Toutefois, le degré de difficulté entre la réalisation d’un guillochage sur un boîtier de montre ou un cadran est incomparable, car cette dernière opération requiert une précision notablement plus élevée. De ce fait, près de deux cents ans se sont écoulés avant que les guillochages pratiqués sur les boîtiers de montre conquièrent finalement un droit de cite sur les cadrans bombés.

La Collection Héritage est riche d’un vaste éventail de modèles. La référence 5480 propose un motif en clous de Paris sur la surface principale de son cadran, qui est courbé sur un seul axe, de 12 à 6 heures. Deux garde-temps de la collection Héritage ne se distinguent pas uniquement par la présence d’un cadran sphérique, mais également par une décoration composée de motifs entièrement originaux créés par les guillocheurs de Breguet. La référence 5497 – une montre à tourbillon – arbore un drapé moiré exclusif à Breguet sur sa surface principale et un motif flinqué alterné sur l’indication subsidiaire. Le drapé moiré orne aussi la partie externe du cadran sur le chronographe de référence 5400. Enfin, notre passage en revue de la collection masculine s’achève par la référence 3660 qui comprend un cadran guilloché bombé, décoré d’un motif drapé moiré, et un compteur légèrement creusé pour la petite seconde.

La collection prend également en compte les prédilections féminines. La référence 8861 se caractérise par un affichage de la phase de lune et une indication subsidiaire au centre. Elle arbore un complexe motif flinqué alterné qui illustre une difficulté supplémentaire, car il est minutieusement guilloché à la main sur de la nacre.

A ladies' model in the Breguet l'Héritage collection

Les personnes qui essaient un garde-temps de la collection Héritage sont envahies par des sensations, physiques et émotionnelles, qui évoquent un mouvement de flux ininterrompu et s’accompagnent d’une assise parfaite, car la courbure de la montre s’accorde harmonieusement à la morphologie du poignet. L’esprit peut alors pleinement percevoir et apprécier le talent unique des guillocheurs de Breguet, qui ont rendu cette forme possible.

La marque

Inspirée par un patrimoine exceptionnel d’archives, conservées en Suisse et à Paris, riche d’une tradition ininterrompue, la Maison Breguet innove sans relâche et se doit d’être toujours en avance sur son temps.

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