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Musique - La Grande Sonnerie mise à nu

Musique La Grande Sonnerie mise à nu

La Grande Sonnerie occupe la place convoitée de complication suprême. Ses grands principes mécaniques en font clairement une œuvre horlogère à part.


WORLDTEMPUS – 22 février 2013

Olivier Müller


"Reine des complications", la Grande Sonnerie est vue par la plupart des connaisseurs comme la preuve ultime de la maîtrise horlogère. Fait rare dans la discipline, peu d'avis divergent à son sujet.

Au crédit de ce large consensus, il y a par-dessus tout des éléments techniques, tangibles, qui forcent la patience des horlogers et l'admiration des amateurs de garde-temps.

La principale caractéristique de cette complication est d'être non modulaire. En d'autres termes, il n'est pas possible de greffer sur une base existante (une ébauche, par exemple) un module de grande sonnerie, comme l'on peut rajouter un chronographe. La raison technique en est simple: le mécanisme qui a vocation à sonner les heures, quarts ou minutes se doit, par définition, d'être en prise directe avec ces mêmes heures et minutes. Ils sont intrinsèquement liés et l'on ne peut concevoir, encore moins assembler, l'un sans l'autre.

Cette complication a également pour caractéristique de comporter un grand nombre de pièces. A titre d'exemple, un mouvement HMS (heures, minutes, secondes) comporte en règle générale 130 pièces. Un tourbillon, lui, en compte entre 250 et 300 en moyenne. Une Grande Sonnerie en totalisera plus du double : entre 500 et 700 composants. La Royal Oak Offshore Grande Complication qu'Audemars Piguet vient par exemple de dévoiler en compte 648.

 

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Royal Oak Offshore Grande Complication. © Audemars Piguet



Naturellement, il s'agit là de données moyennes. La pièce en comportera plus ou moins selon que l'on est dans le cadre d'une grande ou d'une petite sonnerie: la première sonnera les heures et les quarts en répétant les heures à chaque quart; la seconde fera de même mais sans répéter les heures à chaque quart. Lange & Söhne vient par exemple de présenter une pièce au SIHH 2013 qui cumule les deux fonctions. Globalement, ce sont les mêmes fonctions qu'une Répétition Minutes, à la différence que celle-ci se déclenche à la demande quand la Sonnerie se fait entendre à chaque passage horaire et / ou de quart.

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Grande Complication. © A. Lange & Söhne



C'est la raison pour laquelle, en termes techniques, le principal défi de ce type de garde-temps est la fiabilité. Le nombre de sonneries peut potentiellement être très conséquent chaque jour. Les composants sont soumis à une usure très forte.

Il est difficile de réussir à contenir ce chef d'œuvre de haute horlogerie dans un écrin de moins de 48 mm. Naturellement, le nombre de composants est un facteur d'embonpoint. Pour autant, il n'est pas rare de trouver également dans la boîte d'une Grande Sonnerie une large place réservée... au vide. Pourquoi? Tout simplement parce que le son est un phénomène vibratoire qui se propage par et dans l'air. Il faut donc laisser un minimum de coffre de résonnance à une Grande Sonnerie pour lui permettre d'émettre un son audible à l'oreille humaine.

Ce son, justement, est l'objet de toutes les attentions, principalement parce qu'il ne s'agit pas en réalité d'un son, mais d'une note. Et qui dit note dit justesse et capacité de créer des mélodies. C'est dans cette approche que de nombreuses manufactures s'entourent de musiciens pour déterminer la justesse de la note et lui créer une véritable partition. C'est la raison pour laquelle certaines Grandes Sonneries sont appelées Carillon ou Westminster, en fonction de la mélodie qu'elles sont capables de reproduire à la perfection.

Pour l'auditeur, c'est une douce musique. Pour l'horloger, c'est un autre sujet. Une Grande Sonnerie est une pièce d'une rare complexité dont le suivi après vente peut s'avérer particulièrement délicat. Le dysfonctionnement le plus redouté est celui de la désynchronisation: celui d'une pièce qui, par exemple, sonnerait midi à 11h58. Dans ce cas de figure, la quasi-totalité des 600 ou 700 composants est susceptible d'être en cause. Un long travail d'investigation va alors être nécessaire.

Fort heureusement, dans cet exercice, l'horloger ne se heurtera que rarement à d'exotiques matériaux issus des vents marketing. La plupart du temps, la Grande Sonnerie requiert des métaux aux qualités acoustiques très particulières. Cette considération prime le plus souvent sur l'éventuelle noblesse du métal choisi. Il n'est donc pas rare de trouver des Grandes Sonneries en acier: même si le métal n'est pas noble au sens horloger du terme, il n'en possède pas moins les qualités chimiques (dureté, stabilité) pour être l'élu de cette complication. Christophe Claret, lui, préfère le titane pour sa légèreté et sa dureté et résistance très élevées.

Au final, la Grande Sonnerie traverse les temps et reste une étape imposée pour toute manufacture aspirant à la haute horlogerie. Telle une institution, ses grands principes restent inchangés depuis le XIXème siècle. En attendant que les enfants terribles de la nouvelle garde horlogère décident de s'y confronter.

 

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Soprano. © Christophe Claret

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