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Acrotec - Objectif : indépendance et complémentarité

Acrotec Objectif : indépendance et complémentarité

Notre rédacteur en chef s'est entretenu avec le CEO du groupe Acrotec. Au cœur de la discussion, la récente grosse acquisition du groupe et ses plans pour l’avenir.

Quand je notais en marge de mon article sur les défis auxquels l'industrie horlogère devrait faire face en 2018 de penser à garder un oeil sur le groupe Acrotec ces prochaines années, je ne m'attendais pas à être contacté par le groupe lui-même et de me voir proposer une rencontre avec son CEO, François Billig. De fait, il partage mon analyse sur le fait que les fournisseurs et les sous-traitants de l'industrie horlogère sont ceux à surveiller, mais il tenait également à refuter toute idées que le groupe Acrotec aurait des plans dans ce domaine. Le groupe a acquis en 2017 quatre sociétés qui approvisionnent le secteur de l'horlogerie. C’était là des occasions trop belles pour les refuser, et non pas la démonstration d’une stratégie d’achat agressive.

WorldTempus est un site web axé sur le consommateur et parler des fournisseurs de l’horlogerie n'est pas son objectif principal. Cependant, un coup d’oeil sur le groupe Acrotec est intéressant pour deux raisons. Tout d'abord, il révèle qui fait réellement quoi dans le mouvement de votre montre. Deuxièmement, en montrant comment les fournisseurs travaillent et pensent, il met en évidence les différences avec les marques horlogères.

L'histoire d'Acrotec débute en 2001 lorsque François Billig rachète l’entreprise de décolletage Vardeco à Develier avec un groupe d'investisseurs. Là aussi, c'était une question d'opportunité à saisir. "C'était une coïncidence", dit-il. «Je ne viens pas de cette région et je ne connaissais rien au décolletage. Mais grâce à des contacts personnels et au hasard, je me suis retrouvé à la tête d’une entreprise de décolletage avec 40 employés.

Objectif : indépendance et complémentarité

Vardeco, à Develier, dans le Jura (Suisse)

À l'époque, Vardeco travaillait principalement pour l'industrie électronique, mais il n’avait pas échappé à M. Billig que ses concurrents dans la région travaillaient également pour l'industrie horlogère. "Ils avaient plus le sourire que moi", dit-il. "Nous produisions des composants par milliards et les vendions par milliers pour le même prix que nos concurrents en vendaient par centaines à l'industrie horlogère." Poussé par la promesse de marges plus juteuses, M. Billig s’est tourné vers l'industrie horlogère et cinq ans plus tard, en 2006, le groupe Acrotec a été créé et KIF Parechoc acheté. Trois ans plus tard, le groupe achète Decovi et Générale Ressorts, et avec eux la capacité de produire les composants clés du barillet qui fournit l'énergie dans les mouvements des montres mécaniques.

Objectif : indépendance et complémentarité

Usinage dans une des sociétés du groupe Acrotec © Acrotec

"Nous avons vraiment commencé à nous développer à partir de 2014", explique M. Billig, "et grâce surtout à nos clients, qui nous poussaient à aller plus loin afin de pouvoir avoir un fournisseur unique. Voilà pourquoi nous avons acquis STS, pour pouvoir livrer des composants finis, revêtus et décolletés à nos clients.
Au cours des deux dernières années, le groupe a racheté huit fournisseurs, principalement pour l'industrie horlogère, parmi lesquels Gasser Ravussin et Pierhor, les deux seuls fournisseurs indépendants de rubis pour l’horlogerie (les deux autres étant Comadur, propriété du Swatch Group, et Lapierrette, appartenant à Rolex). Le groupe est désormais fortement implanté dans l'industrie horlogère qui représente 55% de son activité, dont une part de marché d’un tiers pour les amortisseurs et les spiraux. Mais bien que le groupe soit désormais en capacité de produire des spiraux grâce à sa participation de 50% dans Sigatec, il ne prévoit pas de se lancer dans la fabrication de mouvements complets. "Ce serait une folie de développer notre propre mouvement", s’exclame M. Billig, "car cela nous mettrait en concurrence directe avec nos propres clients. Et nous coûterait une fortune! "Il rejette également toute accusation de monopole. "Nous n’avons pas de monopole, nous sommes une alternative. Notre principale force est notre indépendance et notre offre de produits est complémentaire. Nos clients savent qu'il est peu probable que nous soyons vendus à Richemont, Rolex ou au groupe LVMH, par exemple. "

Dans ce contexte, comment le groupe envisage-t-il de poursuivre son développement et d'atteindre son objectif ultime d'une introduction en bourse à la bourse suisse? «Nous voulons rester dans le domaine de la micromécanique, qui est l'un des principaux atouts de la Suisse», explique M. Billig, «et nous diversifier vers d'autres segments de clientèle, au-delà de l'horlogerie. Par exemple, nous pourrions utiliser nos rubis dans des jets à haute pression qui sont utilisés pour couper des métaux. »Le groupe reste également en avance sur ses concurrents en investissant environ 10% de son chiffre d'affaires dans de nouvelles machines. Des acquisitions futures sont prévues dans le secteur médical plutôt que dans l'horlogerie, toujours centrées sur la compétence de base de la micro-mécanique du groupe. "Notre objectif est que l'entreprise reste suisse et que notre centre de décision demeure dans la région du Jura", poursuit M. Billig. "Pour ce faire, nous devons atteindre un chiffre d'affaires annuel de 300 millions de francs suisses. Pour le moment, nous approchons des 200 millions, mais nos acquisitions planifiées devraient nous permettre d'atteindre cet objectif."

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