Revue FH - 17 septembre 2009
Michel Arnoux

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Du 2 au 6 septembre s'est tenu à Hong Kong ce que les organisateurs appellent avec fierté the «world's biggest timepiece event», en d'autres termes l'édition 2009 de la Foire d'horlogerie de Hong Kong. L'expression n'est a priori pas usurpée puisque les halles de l'immense Convention & Exhibition Centre ont accueilli 696 exposants (760 en 2008) en provenance de 17 pays (19 en 2008), soit un nombre légèrement supérieur à Baselworld pour autant qu'on ne prenne en compte que les horlogers.

Pour mémoire, rappelons que le HKTDC, organisateur de l'événement, a mis sur pied pour la première fois en 2008 un bureau chargé de traiter toute violation d'un droit de propriété intellectuelle dans l'enceinte de l'exposition. Une opportunité que la FH ne pouvait pas laisser passer. Fort du succès rencontré par l'opération de surveillance mise sur pied l'an passé, elle a donc proposé aux membres du Groupement anticontrefaçon de reconduire cette action. 25 marques ont d'emblée répondu positivement à cette invitation et, comme en 2008, le Centre FH de Hong Kong s'est vu confier le mandat.

Dès l'ouverture de la manifestation, nos chasseurs ont passé à la loupe les vitrines des 696 stands répartis dans trois halles d'exposition. Forts de l'expérience acquise l'an passé et de manière aussi systématique que discrète, ils ont relevé chaque infraction, copie de modèle ou abus de marque. On se souvient que l'an passé, les organisateurs avaient été quelque peu dépassés par l'ampleur de la moisson et s'étaient retrouvés dans l'impossibilité matérielle de traiter toutes les plaintes avant le dernier jour d'exposition. Rien de tel cette année. Toutes les plaintes ont été traitées de manière professionnelle et dans les temps. Qu'il nous soit permis de saluer ici cet effort.

Au terme de la manifestation, 52 plaintes ont été déposées par nos équipes, soit deux de plus qu'en 2008. Sur ce nombre, le Panel a prononcé 41 violations (30 en 2008), exigeant dans ce cas le retrait immédiat des objets litigieux et en interdisant la publicité dans l'enceinte et pour la durée de la foire; sept non-lieux (10 en 2008), les pièces litigieuses ayant été retirées avant la visite des officiels au stand; trois rejets (10 en 2008), les hommes de loi ayant jugé que les pièces litigieuses présentaient des différences suffisamment marquées pour ne pas tomber dans le champ de protection invoqué. A cela s'ajoute un rejet technique (le titre de protection ne couvrait pas expressément les produits horlogers).

Après un premier exercice encourageant qui démontrait la nécessité d'une surveillance renforcée, l'exercice 2009 met en évidence l'importance d'une action sur le long terme. En effet, plusieurs exposants pris en flagrant délit de copie sont des récidivistes. Une réflexion sera lancée pour envisager d'autres types d'action à leur encontre et en dehors de l'exposition. Parallèlement, l'organisateur a été sensibilisé sur ce point et n'hésitera pas à brandir la menace d'exclusion dans les cas les plus manifestes. A ce sujet, il faut relever ici qu'une plainte déposée l'année passée a fermé les portes de la foire 2009 à un exposant particulièrement récalcitrant. Une telle décision était encore totalement inconcevable il y peu. La situation évolue donc dans le bon sens. Le philosophe ne disait-il pas «la patience a plus de pouvoir que la force».

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