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MB&F - Leçons du COVID-19

MB&F Leçons du COVID-19

Présent dans nos vies depuis quelques temps déjà, le COVID-19 a bouleversé nos habitudes, et celles de Maximilian Büsser (fondateur et directeur créatif de MB&F) aussi.

Il y a un mois, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Maximilian Büsser lors de son passage à Genève, en Suisse. Riche en informations, la discussion était focalisée sur Maximilian et son lien avec la marque (vous pouvez retrouver cette première partie de l'interview ici). Cependant, le sujet actuel brûlant qu'est le COVID-19 est venu parsemer cet échange. 

Avec le COVID-19, les habitudes de chacun ont rapidement changé en peu de temps : distance sociale, port du masque et confinement sont devenus les maîtres mots de toute une période (dont certains continuent de l’être). Dans cet environnement qui nous était hostile et non familier, nous avons dû apprendre à vivre et avancer différemment. La remise en question et l’adaptation sont donc devenus des éléments clé de notre quotidien : « Ma capacité à me remettre en question est ma plus grande force », confie Maximilien Büsser, fondateur et directeur créatif de MB&F. « Lorsqu’on a du succès, les gens ont tendance à reproduire la recette qui les a menés à ce succès. Pour moi, c’est un des grands problèmes de notre métier : nous sommes en train de reproduire les éléments qui ont mené au succès de l’horlogerie, alors que ce n’est plus le moment de reproduire ça. Personnellement, je ne reproduis pas la méthode qui nous a amené au succès. Le COVID-19 m’a énormément aidé à ce niveau-là car toutes les objections sur lesquelles je bloquais ont dû être remise en question ; le MB&F de 2021, 2022 et 2023 sera très différent. »

Tous les chemins mènent…au Covid-19

Legacy Machine Flying T © WorldTempus/Jordy Bellido

Le mélange entre l’environnement personnel et professionnel ne faisant plus qu’un, travailler pouvait relever du miracle durant le confinement, surtout pour les familles avec des enfants. De ce fait, production et rendement n’étaient pas forcément au rendez-vous : « Je crée toujours quand je suis tout seul, donc je n’ai pas créé pendant quatre mois durant le COVID-19, car j’étais entouré de ma famille. Lorsque je me suis finalement retrouvé seul, j’ai créé un produit génial. »

De manière globale, la situation sanitaire de ce printemps s’est avérée plus favorable aux marques horlogères indépendantes d’une certaine manière. Le terme « favorable » est peut-être exagéré ; disons qu’elle a probablement été plus simple à gérer pour elles, dans le sens où prendre des risques semblait (et semble toujours) moins compliqué pour un tel type de marque qui n’a pas de comptes à rendre et qui est, par conséquent, plus libre de ses choix. « Dans notre métier, je pense qu'un des plus grands problèmes est la soif absolue de contrôle que les marques veulent avoir sur leur image et leur histoire », affirme Maximilian. « Toutefois, lorsqu’on est dans la création, on perd le contrôle. Le manque de créativité de notre métier provient donc peut-être de cette soif absolue de contrôle. De plus, le COVID-19 a clairement été un game changer parce qu'il a complètement levé les inhibitions. Même si MB&F est une marque disruptive, nous avons quand même des inhibitions. Et puis quand, tout à coup, on nous coupe les mains, les pieds et on nous demande d’avancer, comment fait-on ? Ramper n'est pas si mal que ça finalement. Avant, je n'aurais pas osé ramper en public, parce que ramper n’est pas cool. C'est une allégorie, mais c’est exactement ça. Il y a trois mois [début avril], je ne savais pas ce qu'un Instagram live était et, comme je n’ai aucun problème à être transparent, j’ai tout de suite adhéré au principe. Par contre, la plupart des grandes marques ont disparu du paysage médiatique parce que c’était le moment où il fallait être en live et être en live est très dangereux car on ne contrôle pas tout. »

Tous les chemins mènent…au Covid-19

Legacy Machine Perpetual © MB&F

Dans ces temps difficiles, la meilleure des choses était de s’entraider (ce que nous devrions faire constamment) et non pas de penser à ses intérêts personnels. Evoluer dans une « petite » structure où tout le monde est en contact avec tout le monde et ne pas avoir d’objectifs (du moins poussés) à tout prix, comme c’est le cas chez les marques indépendantes, a permis, je pense, de cultiver une manière de penser plus propice à l’entraide : « Concernant notre e-shop ; nous l’avions lancé pour la M.A.D. Gallery, mais jamais pour MB&F », dit Maximilian. « Pourquoi ? Parce que nous ne voulions pas que nos détaillants aient l'impression qu'on essaye de leur piquer des ventes. Nous avons toujours avancé main dans la main avec nos détaillants. Toutefois, nous nous sommes retrouvés avec 24 détaillants fermés au mois de mars sur 26 ; donc plus de distribution. L’option du e-shop a été soulevée, mais nous voulions en faire un différent, raison pour laquelle nous avons présenté 2-3 produits maximum, que nous avions à la M.A.D. Gallery et qui n'avaient donc pas été vendus à nos détaillants. » 

A ce sujet, Maximilian se souvient : « Deux choses se sont passées : la première est que nous avons ouvert la possibilité à nos détaillants de présenter leurs pièces sur notre e-shop, pour les aider. La seconde est que, lorsque nous avons lancé la collaboration avec H. Moser & Cie., nous avions gardé sept des soixante pièces à la M.A.D. Gallery à Genève, pour nous et éventuellement pour le e-shop. Les sept pièces ont été vendues après 12 heures et, 18 heures plus tard, 52 personnes étaient enregistrées sur la liste d’attente. Nous avons donc contacté nos détaillants pour voir s’il leur restait quelques modèles et, en quatre jours, les soixante modèles étaient vendus, dont la moitié grâce à nous, qui avions redirigé les clients de la liste d’attente chez les détaillants. Nous aurions pu faire cela avant le COVID-19, mais ça n’a pas été le cas car nous avions des inhibitions. Le COVID-19 a donc été un extraordinaire générateur de créativité dans mon équipe. Nous avons intégré de jeunes membres de l'équipe à nos réunions/brainstormings stratégiques et les résultats ont été impressionnants; nous aurions dû faire cela avant. »

Tous les chemins mènent…au Covid-19

LM101 © MB&F

Même si 2020 est marqué par cette crise sanitaire sans précédent, 2021 s’annonce radieux, du moins pour MB&F, dont la MB&F M.A.D. Gallery de Genève fêtera ses 10 ans (et WorldTempus fêtera ses 20 ans, au cas où vous ne le sauriez pas). Pour cet anniversaire, et de la même manière que lors du confinement, la créativité sera au rendez-vous pour Maximilian Büsser et ses collaborateurs : « Nous allons éditer notre premier produit », présente-t-il. « Jusqu'à présent, nous étions curateurs de la M.A.D. Gallery, c’est-à-dire que nous allions trouver des artistes pour exposer leurs œuvres, mais pour célébrer les dix ans, nous allons créer quelque chose. Cependant, je ne peux pas en dire plus. » 

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M.A.D. Gallery, Genève © M.A.D. Gallery

 

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