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Breguet - Les ateliers de la Vallée de Joux

Breguet Les ateliers de la Vallée de Joux

Une visite derrière les coulisses de nouvel atelier agrandi.

Quels motifs incitent donc les entreprises à diffuser des statistiques toutes les fois où elles procèdent à un agrandissement significatif ? Elles relèvent le nombre de mètres carrés, la part d’espace supplémentaire gagné, les années consacrées à la réalisation du projet et, naturellement, son coût. Assurément, les chiffres sont utiles dans une certaine mesure, mais de telles énumérations ne permettent généralement pas de saisir l’essentiel, les perspectives offertes par le bâtiment flambant neuf.

À l’origine de ces réflexions figure l’importante adjonction apportée par Breguet à ses ateliers de L’Orient. Ce village est situé dans la célèbre vallée de Joux, le berceau de la haute horlogerie. Cette contrée paisible où de petits téléskis accrochent le regard est renommée pour la qualité de ses fromages et de ses produits laitiers. Elle garantit la sérénité requise à la manufacture Breguet actuelle qu’il serait difficile d’imaginer occuper le petit atelier historique du quai de l’Horloge à Paris, où le fondateur de la maison, Abraham-Louis Breguet, a commencé sa carrière en 1775. Les complications horlogères fleurissent et prospèrent de longue date dans cette vallée située au cœur de la chaîne du Jura, à quelques minutes de la frontière française. Comme les paysans ne pouvaient conduire leur bétail à la pâture pendant les longs mois d’un hiver rigoureux, ils se sont tournés vers l’horlogerie, en travaillant à la lumière naturelle dans des pièces aménagées au-dessus des étables. Ils ont affiné leurs talents au fil du temps, de sorte que les mécanismes complexes sont devenus la spécialité de la région. Les prestigieuses marques genevoises, dont la renommée s’était affirmée au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, dépendaient pour leurs montres à complications des compétences des artisans établis à la vallée de Joux. Les mouvements étaient construits dans les montagnes du Jura, puis emboîtés dans la cité de Calvin avant d’être vendus par les marques sous leur propre nom. Ainsi, le savoir-faire et les traditions de l’horlogerie se sont profondément enracinés dans cet environnement où les horlogers d’aujourd’hui sont parfois les représentants de dynasties qui s’étendent sur plus de 150 ans. C’est dans ces familles que Breguet a trouvé les personnes aux qualifications requises pour concevoir et construire ses garde-temps, qui voient désormais tous le jour à la vallée de Joux. 

Même si une aile d’ateliers vient de sortir de terre, l’expansion ne s’est jamais interrompue depuis les débuts de la nouvelle ère de Breguet. Elle a commencé en 1999 avec le rachat du groupe horloger Breguet, composé des célèbres manufactures de mouvements Lemania et Valdar. Nicolas G. Hayek, qui a dès lors personnellement assumé la fonction de Président et de CEO, n’envisageait rien de moins qu’une transformation radicale et une renaissance réalisées au prix d’un investissement considérable. Le cœur de ce projet reposait sur l’agrandissement et la modernisation des installations. L’étape initiale s’est concrétisée par une vaste expansion des ateliers existants de Lemania à L’Orient. Inaugurée en 2002, cette première extension a permis de doubler l’espace disponible et de doter le site d’un équipement à la pointe de la modernité. En 2003, l’absorption de Lemania par Breguet a créé la manufacture Breguet actuelle. Deux autres agrandissements ont ensuite ouvert la voie à l’édification de cette nouvelle aile. Naturellement, l’administration, le marketing et le département des ventes sont toujours abrités dans le bâtiment de L’Abbaye, situé au bord du lac de Joux dans un cadre exceptionnel. 

Les ateliers de la Vallée de Joux

Malgré la décennie de constructions qui ont précédé cette récente ouverture, il était parfois difficile pour les visiteurs qui n’étaient pas intimement familiarisés avec l’art horloger de saisir auparavant les subtilités des méthodes utilisées par Breguet en passant d’un petit atelier à un autre. Les horlogers qui effectuaient des tâches identiques travaillaient souvent dans des locaux éloignés, certains dans le bâtiment original de Lemania, d’autres dans les nouveaux locaux. Cette dispersion ne permettait pas de distinguer et d’appréhender aisément les diverses étapes de fabrication, de finition et d’assemblage. L’important gain en espace a favorisé le regroupement des collaborateurs qui accomplissent les mêmes tâches et offre désormais au profane une vision globale qui met en évidence l’extrême attention portée à chaque détail.

L’anglage nous en donne un excellent exemple. Ce fin travail de polissage est appliqué sur les arêtes d’une large variété de composants. À l’évidence, Breguet procède depuis longtemps à l’anglage de nombreuses pièces, mais l’échelle à laquelle se déroulait cette finition et le soin apporté à l’exécution de cette technique demeuraient difficiles à percevoir, car ce travail était mené à bien dans divers locaux. Désormais, une trentaine d’angleurs sont réunis dans un même atelier consacré à la pratique de cet artisanat traditionnel. Si leur nombre est impressionnant, leur travail l’est également. Les manufactures horlogères modernes peuvent choisir entre une variété de méthodes pour la finition des bords des composants du mouvement. La première option consiste à ne rien faire et à conserver la pièce dans l’aspect qu’elle adopte après le décolletage. La seconde correspond à une approche fortement industrialisée où le soin de la finition est entièrement confié à une machine. La troisième, qui requiert un travail supplémentaire, repose sur le polissage manuel des arêtes à l’aide d’un touret, un outil électrique doté d’une pointe tournante qui réalise le polissage. Cependant, la méthode utilisée dans cet atelier est l’anglage exécuté à la main en recourant à une lime ou, plus précisément, à une série de limes. En maintenant les composants, ou dans certains cas en les fixant sur des supports spécialement adaptés à la pièce en travail, les artisans de Breguet arrondissent et polissent minutieusement chaque arête en utilisant une succession de limes toujours plus fines, avant de procéder au brunissage à l’aide d’une cheville de bois. Les avantages de cette approche classique sont spectaculaires et aisément identifiables par les connaisseurs. Les bords arborent un lustre inégalé alors que seul l’usage de la lime permet de former des angles internes et externes nets (si vous souhaitez visualiser les angles internes et externes, pensez à la lettre « Z ». Un angle interne aigu se trouve sur la partie intérieure droite en haut alors que la partie gauche à l’extérieur sur le bas opposé présente un angle externe aigu).

Les passionnés d’horlogerie se rendent compte d’emblée si un composant a été anglé manuellement à l’aide d’une lime et bruni. À l’évidence, ce regard expérimenté appliqué à une montre Breguet révèle des angles nets qui confirment que le chanfrein et le brunissage ont été effectués à la main au sein de la manufacture. Même en connaissant à l’avance l’aspect impressionnant de ce travail, le visiteur éprouve un sentiment de respect et d’admiration à contempler autant de spécialistes expérimentés qui exercent cet artisanat dans une même pièce. Aucun autre fabricant ne dispose d’un atelier où une trentaine d’artisans réalisent le délicat anglage manuel des composants, tel qu’il existe désormais dans la nouvelle aile de la manufacture. 

Les ateliers de la Vallée de Joux

De pareille manière, les guillocheurs de Breguet sont maintenant réunis. Souvenez-vous que le fin travail de guillochage est une décoration emblématique de Breguet, déjà pratiquée par son fondateur, Abraham-Louis Breguet. Il fut le premier à faire figurer des parties guillochées sur des cadrans de montre. Même si une poignée d’autres maisons horlogères peuvent se targuer de compter dans leurs effectifs un ou deux artisans équipés d’une machine à guillocher, la passion de Breguet pour cette forme d’art est incomparablement plus vive, avec des équipes de spécialistes penchés sur des tours à guillocher pilotés à la main pour exécuter la multitude de décors qui ornent les cadrans, les masses oscillantes et les boîtiers de Breguet. Pendant de nombreuses années, le principal atelier consacré aux cadrans accueillait les guillocheurs les plus expérimentés, qui développent de nouveaux motifs brevetés et réalisent les décorations les plus complexes. D’autres guillocheurs occupaient différents locaux et travaillaient sur les cadrans en or ou traçaient les dessins destinés à orner les masses oscillantes et les boîtiers. L’aile récemment terminée a réuni ces artisans qui exercent aujourd’hui leur art dans un même atelier. 

La poursuite de notre visite par les pièces du bâtiment dévolues à l’assemblage des mouvements offre la possibilité d’observer certaines techniques, pratiquées depuis longtemps par Breguet, mais précédemment situées dans des environnements moins visibles. Ainsi, chaque horloger contemple une collection unique de tournevis. En soi, cet équipement n’est aucunement inhabituel et chacun s’attend à trouver divers modèles de cet outil indispensable sur un établi. Le type de tournevis que Breguet fournit à ses horlogers n’est cependant pas courant. Pour chaque vis du mouvement, les ingénieurs de Breguet ont exactement spécifié la force à appliquer au moment du serrage. En règle générale, les horlogers fixent les vis en se fiant à leurs sens. Ce processus recèle cependant une inévitable marge d’erreur ou d’imprécision. Afin d’obtenir un degré supérieur d’exactitude, Breguet a développé un système de tournevis dynamométriques, calibrés en fonction des couples spécifiques exigés par les concepteurs du mouvement. Cette collection d’outils reflète ainsi la diversité des couples utilisés pour les différentes vis du mécanisme. Ces instruments sont plus onéreux que les modèles traditionnels, car leur calibrage et leur vérification requièrent une dépense supplémentaire. 

D’autres outils spéciaux sont aussi utilisés dans les pièces consacrées à l’assemblage des mouvements. L’huilage des composants essentiels du mécanisme est une coutume répandue à travers toute l’industrie horlogère et le visiteur aperçoit souvent sur les établis un schéma de lubrification utilisé pour repérer les emplacements où la présence d’huile est nécessaire. Le danger de cette approche réside dans la variation de la quantité d’huile déposée, à l’image du serrage intuitif des vis. Un excès provoque le déplacement de l’huile à des endroits où elle n’est pas la bienvenue tandis qu’une quantité insuffisante peut conduire la montre à un service précoce. Afin d’éliminer ce risque, Breguet a conçu un appareil à doser. Il permet à chaque point d’huilage sur un mouvement de recevoir précisément la quantité d’huile requise.

Les ateliers de la Vallée de Joux

Le contrôle de qualité est désormais installé sur le même étage que l’assemblage des mouvements. Ainsi, la machine utilisée pour vérifier la pénétration des palettes d’ancre sur la roue d’échappement est située juste à côté de l’une des pièces principales consacrées au montage. Tous les mouvements de Breguet sont soumis à ce test. Les tolérances sont infinitésimales et mesurées en millièmes de millimètres. De nombreuses autres vérifications sont également effectuées dans ce secteur, de sorte que le contrôle de qualité s’étend sur six à dix semaines pour chaque mécanisme. 

Les aficionados seront naturellement impatients de découvrir les lieux où travaillent les horlogers qui réalisent les complications. Le nouvel espace a permis à Breguet de réunir sur le même étage de complexes activités et de regrouper les horlogers en sections selon les complications auxquelles ils donnent vie. Breguet utilise le terme de « cellule » pour décrire cette subdivision. Il existe donc une équipe pour La Musicale, une deuxième pour les tourbillons et ainsi de suite pour les autres complications. Une telle organisation facilite notablement la formation et donne aux horlogers la sensation de travailler dans un groupe d’artisans au sein d’un petit atelier. En outre, cette atmosphère favorise les échanges d’idées entre les membres de chaque team sur la manière d’optimiser l’assemblage des garde-temps.

Une installation particulière est située à proximité immédiate des établis des horlogers qui se consacrent aux répétitions minutes, la chambre anéchoïde. Chaque répétition minutes est soumise à des tests dans ce local silencieux aménagé à cette intention. Lorsque la montre est placée dans la chambre et que la porte est refermée, tous les bruits extérieurs sont supprimés. Il est dès lors possible de procéder à une mesure parfaite du son de la répétition minutes. Comme ces mécanismes ne doivent pas être évalués en tenant la montre proche de l’oreille (est-ce vraiment de cette manière que le propriétaire souhaite écouter le son ?), mais au contraire en conservant une certaine distance, les tests sonores sont réalisés à un éloignement de 20 centimètres. 

L’impression générale qui surgit d’une visite de la nouvelle aile n’est pas liée à la découverte de méthodes inédites, car les techniques de Breguet évoluent constamment et étaient déjà pratiquées auparavant. Cependant, leur regroupement leur confère une visibilité inédite et souligne cette quête de la qualité, devenue l’emblème de la manufacture Breguet contemporaine. 

 

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Inspirée par un patrimoine exceptionnel d’archives, conservées en Suisse et à Paris, riche d’une tradition ininterrompue, la Maison Breguet innove sans relâche et se doit d’être toujours en avance sur son temps.

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