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Fabricant de mouvements - ETA, c'est quoi ?

Fabricant de mouvements ETA, c'est quoi ?

Ce nom est omniprésent dans l'horlogerie. Mais qu'est-ce donc qu'ETA, au juste. Réponse : bien plus qu’un fabricant de mouvements.

On prononce éta. Pas e-té-a, ni E.T.A. Ce n'est pas une organisation séparatiste armée, mais une filiale du Swatch Group, le plus important groupe d'horlogerie au monde. ETA fabrique des mouvements, à quartz ou mécaniques, en kit ou assemblés,  pour les marques de son groupe ou des clients extérieurs. C'est une société puissante, polyvalente, largement autonome, dont on peine à dessiner les contours exacts, le poids réel. Par contre, sa position dans le monde de l’horlogerie est bien claire : incontournable.

Dans le vaste portefeuille de marques horlogères suisses, seule une cinquantaine dispose d'une capacité autonome à fabriquer des mouvements, et encore, rarement pour satisfaire tous leurs besoins. Les centaines d'autres font appel à des acteurs spécialisés dont ETA est le plus important et de loin. Même au sein de sa société mère, le Swatch Group, la plupart des marques ne font pas de mouvement. C'est ETA qui fabrique les calibres de Tissot, Longines, Mido, Swatch, Rado, Hamilton, Flik Flak... Ce qui constitue déjà des dizaines de millions de pièces. C'est également ETA qui fabrique la plupart des calibres d'Omega, même si certains sont exclusifs à la marque. En effet, comme tout motoriste, ETA possède un catalogue, mais est capable de réaliser des développements sur commande, et de les fabriquer, dans des unités autonomes le cas échéant.

ETA, c'est quoi ?

ETA fournit les calibres Swatch, dont cet automatique entrée de gamme © Swatch

Le catalogue en question est composé de calibres absolument incontournables, dont les 6 références légendaires que sont les 2824, 2892, 2894, 6498, 7001, 7750. Plus leurs évolutions aux dimensions plus larges, pensées pour les montres contemporaines de fort diamètre. Plus leurs versions augmentées de modules de complication. Plus, du côté des pièces mécaniques, des mouvements ultra petits. Plus un nombre supérieur à 100 calibres à quartz, principalement analogiques mais aussi digitaux.

La force d'ETA provient d'abord de son histoire. Au fil du 20e siècle, au gré des difficultés et des crises, divers fabricants de mouvements et de composants horlogers ont fusionné, ou ont été fusionnés pour survivre. ETA résulte de l'incorporation des activités manufacturières de firmes telles que Valjoux, Unitas, Peseux, Tavannes, Ebauches SA (lui-même fruit de la fusion de F.H.F. et A. Schild) pour ne citer que quelques noms gravés sur des montres vintage. Dans ce creuset se retrouve également le patrimoine de la société qui a probablement inventé le plus de mouvements, Longines.

L'autre force d'ETA provient de son intégration dans un tissu industriel complexe. En reprenant les actifs d'autres sociétés, ETA s'est retrouvé doté de multiples sites de production. Loin d'être un problème, c'est même une chance puisque la société est présente dans tous les micro-bassins d'emploi suisses. Tous sont dotés d'une main d'oeuvre ultra-qualifiée, performante et peu prompte à se déplacer. C'est elle qui explique que des coins aussi reculés que les Franches Montagnes ou la Vallée de Joux puissent être des centres d'excellence internationaux.

ETA, c'est quoi ?

Le siège d'ETA, à Granges © ETA

Troisième facteur de puissance, ETA est une composante centrale de la trame industrielle du Swatch Group. Il s'approvisionne auprès de sociétés-soeurs, souvent constituées de la même manière, par fusions successives. Elles se nomment Nivarox FAR,  (balancier, spiral, échappement, ressorts, vis), Comadur (rubis, aimant), EM Microelectronic (circuit intégré), Micro Crystal (oscillateur électronique).

Comme tout acteur industriel de taille, ETA se base sur une culture de la quantité. Ce sont ses volumes de production qui autorisent ses tarifs et ses marges. Ces sont ces volumes qui lui permettent de constituer un échantillon statistique en renouvellement permanent, qui identifie les sources de dysfonctionnement de ses produits, à court, moyen et long terme. Cette analyse remonte aux concepteurs des mouvements, qui en tirent des modifications, de l'expérience, qui augmentent en retour la fiabilité de sa production. A tel point qu'ETA peut fournir des calibres capables de passer le COSC dans des montres à moins de 500 frs.

ETA, c'est quoi ?

ETA effectue des développements à la demande pour les marques du Swatch Group, comme ce Valjoux agrandi avec roue à colonnes, pour Longines © Longines


Le poids réel d'ETA se mesure dans son héritage technique. A partir du redémarrage de l'activité horlogère mécanique, vers le milieu des années 1990, ETA a été la seule société à proposer des mouvements mécaniques industrialisés à grande échelle et donc, pas chers. C'est ainsi qu'elle s'est retrouvée à équiper tant de clients, tant de marques horlogères. Avant même que ce boom ait atteint son pic, courant années 2000, la direction du Swatch Group a décidé de commencer à user de son poids pour en faire un pouvoir. Et a annoncé vouloir réduire la livraison d'ébauches, c'est-à-dire de mouvements non montés, qui sont le nerf de la guerre de l'horlogerie. En effet, ils sont la matière première des marques qui les personnalisent et laissent ainsi leur empreinte sur la montre dans son ensemble. Ainsi, ETA s'est retrouvé de plus en plus cher, tout en restant compétitif et incontournable.

En effet, ETA possède les standards de fait de l’horlogerie suisses, les calibres 2824, 2892 et 7750. Même s'ils sont dans le domaine public, ETA dispose d'une expérience et d'un outil industriel dédié qui lui permettent de les fabriquer mieux, plus vite que tous. Tous les calibres mécaniques ETA sont disponibles dans plusieurs niveaux de finitions, du plus basique pour les marques économiques jusqu'à des versions soigneusement décorées, quoique de manière industrielle. Quasiment toutes sont capables, moyennant un traitement à la demande, de passer avec succès les épreuves du COSC.

Ces mouvements ont été clonés ou modifiés par des motoristes concurrents, dont Sellita est le principal. Les différences sont minimes et c'est là toute l'idée. Les marques clientes peuvent utiliser des calibres interchangeables au gré des approvisionnements et variations de prix sans avoir à modifier leurs cadrans, boites, aiguilles et processus. Aujourd'hui, des alternatives sont donc en place et il est possible de se fournir en mouvements de base auprès d'autres fournisseurs. Mais ces derniers regardent encore et toujours du côté de la référence, du standard, du mastodonte : ETA.

ETA, c'est quoi ?

Des exemples de niveaux de finitions sur calibres standard, ici l'Unitas 6498 © ETA