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Chronopassion - Vintage et pièces uniques

Chronopassion Vintage et pièces uniques

Le détaillant visionnaire Laurent Picciotto se dit perplexe devant la vague vintage des enchères et évoque l’âge d’or de la haute horlogerie.

S’il y a un détaillant à qui on ne peut pas reprocher de ne pas être loquace, c’est bien le fondateur de l’enseigne parisienne Chronopassion. Laurent Picciotto avait d’ailleurs été invité à animer la cérémonie du Grand Prix d’Horlogerie de Genève en 2009. Confortablement installé dans son fauteuil club dans son bureau caverne d’Ali Baba au niveau inférieur de sa boutique, au milieu des guitares et des maquettes de motos, il s’interroge sur le bon sens de certains collectionneurs de montres vintage. Pour lui, on se retournera dans quelques décennies sur les années 2000 en y voyant l’époque la plus féconde de la haute horlogerie.

Vintage et pièces uniques

Laurent Picciotto dans son bureau © WorldTempus/Brice Lechevalier

Pourquoi acheter 5 millions une montre qui valait 300 $ ?

« Les histoires de ventes aux enchères ces derniers temps sont assez troublantes », déclare celui qui a confié une grande partie de sa collection personnelle à Aurel Bacs (Phillips, Bacs & Russo) pour la vendre aux enchères à Hong Kong au printemps dernier. « J’ai retrouvé lors de cette vente beaucoup de collectionneurs et de clients qui ont basculé dans le vintage. Je leur ai fait part de ma perplexité : vous considérez que la haute horlogerie contemporaine n’est pas intéressante pour vous, tout en sachant que quelque soit l’objet dont on parle il deviendra vintage ! Or, depuis les années 2 000, l’horlogerie a produit le plus gros gisement de haute horlogerie de l’histoire des montres-bracelets. » Tout s’y prêtait : « surenchères de complication, confiance des indépendants et émergence de nouvelles marques de niche en plein essor et portées par le marché avec des prix relativement soutenus, réaction des grandes marques institutionnelles répondant au défi de la haute horlogerie contemporaine en affirmant qu’elles aussi pouvaient se surpasser… ». Laurent Picciotto souligne que certaines créations s’approchaient alors parfois plus de l’art contemporain que de l’horlogerie. « Il y avait du génie dans l’air ! Je pense que les années 2 000 feront date, et que d’ici quelques temps les amateurs se retourneront avec nostalgie sur cette période affichant une telle concentration de talents. »

Vintage et pièces uniques

Guitare électrique Gibson Les Paul

Lui-même musicien, il compare les années 2 000 de l’horlogerie aux années 1970 du rock, avec les Beatles, Hendrix et autres Rolling Stones. Et poursuit son raisonnement : « on se retrouve en face de clients qui se sont détournés des montres actuelles pour se tourner vers des pièces en fonction du seul facteur rareté, indépendamment de leur valeur intrinsèque. Des montres produites à l’époque en très grandes séries qui coûtaient quelques centaines de dollars, pour lesquelles certains sont prêts à dépenser 5 millions ». Or, pour le détaillant français éclairé, ces montres vintage n’ont souvent aucun contenu technique spécifique, à l’inverse des montres de haute horlogerie contemporaines. « Je connais super bien ce genre d’approche, on y cède ou on n’y cède pas, mais la montre ne va pas se transformer en montre de haute horlogerie parce qu’on a fait une enchère de 5 millions dessus ». Tirant un nouveau parallèle avec la musique, il prend l’exemple d’une guitare électrique Gibson Les Paul de 1959, considérée comme étant l’année du Graal: « il y en avait peu, elles n’étaient pas industrialisées mais artisanales, et valaient 265$. Aujourd’hui les cotes vont de 200 000 à 1 million, sans parler de celle qui a appartenu à une star. Mais la grosse différence quand je joue avec cette guitare, j’ai la preuve qu’il n’y a pas eu grand-chose de mieux avant, ni depuis. Par contre, en ce qui concerne les mouvements standardisés des montres vintage, l’industrie en réalise maintenant des bien plus performants et originaux ». Pour conclure, celui qui défend bien sa paroisse déclare : « Le vintage est très déroutant. Parfois on a l’impression d’être sur un marché de dupes».

Le phénomène Only Watch

Pour mémoire, la biennale Only Watch a vu les 50 pièces uniques être adjugées pour un total dépassant les dix millions de francs. Une bonne nouvelle pour la recherche sur la myopathie qui a récolté l’intégralité de ces fonds, et pour l’industrie horlogère qui a pu y voir une marque de confiance solide avec des résultats parfois disparates selon les marques, et sept montres adjugées pour 100 000.- et plus. Est-ce que cela préfigure de la valeur future des marques ? D’après Laurent Picciotto, « le rôle des marchands n’est pas négligeable sur le marché du vintage, il y a eu des cotes fabriquées pendant des années par les marchés, dans notre métier comme dans d’autres. Quand on regarde Only Watch on obtient un peu tous les éléments mélangés : non seulement la force intrinsèque de la marque, mais aussi les intérêts divers de la part de certains acheteurs qui préfèrent acheter une pièce unique extrêmement chère pour conserver la valeur de leur collection ».

Vintage et pièces uniques

Royal Oak Perpetual Calendar, pièce unique réalisée pour Only Watch © Audemars Piguet

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La pièce unique d’Audemars Piguet fait notamment partie des résultats à sensation, avec sa Royal Oak Perpetual Calendar vendue 800 000.- francs. « On commence à voir des Royal Oak de 1972 se vendre environ 100 000 euros, ce qui fait d’Audemars Piguet une marque avec des prix qui donnent un intérêt attractif pour l’ancien et pour le neuf. Mais il faut que cela se perpétue. » Toujours à propos du « club des 100 000 » d’Only Watch,  Laurent Picciotto relativise le terme de pièce unique : « une vraie pièce unique implique une création plus conséquente que celle d’un cadran. Comme par exemple la démarche entre Urwerk et Laurent Ferrier, avec une vraie dimension émotionnelle, à laquelle je suis plus réceptif : ils ont réalisé un exercice de style qui sort des codes. Mais il s’agit d’Urwerk et pas d’Audemars Piguet, donc les enchères se sont arrêtées à 100 000.- francs. Ce qui du coup reste assez bon marché pour une pièce qui transmet vraiment l’émotion de ces deux créateurs ! » Estimant que certains se donnent du mal et d’autres se moquent du monde, le détaillant amoureux des marques indépendantes rappelle les montres Only Watch réalisées en 2005 et 2007 par Richard Mille et Philippe Starck : « leur association avait été exemplaire et leur processus créatif authentique, cela participe à l’attractivité de l’histoire d’une marque de montres ».

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